En direct de Tokyo ...

par Karyn Nishimura-Poupée, correspondante AFP Japon, avec le mangaka japonais J.P.NISHI

La gent masculine nippone se soucie de sa silhouette

... mais change de fringues à défaut de faire régime

Publié par K. Poupée le Mardi 20 Juin 2006, 02:58 dans la rubrique Consommation - Lu 4764 fois - Version imprimable

Les Japonais qui jouissent d'une des plus longues espérance sde vie du monde, doivent cette avantage en grande partie à une alimentation pauvre en graisse. Pour autant, les Nippons, particulièrement les hommes, ont ces derniers temps tendance à prendre de l'embonpoint. Si la proportion d'obèses est au Japon sans commune mesure avec celle,  énorme, des Etats-Unis, nombre de Japonais trouvent leur bedaine et leurs fesses un peu trop rondelettes et s'en inquiètent. C'est du moins ce qui ressort d'une enquête publiée mi-juin 2006 par le service de recherches du brasseur et importateur de boissons nippon Kirin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette étude, réalisée auprès d'un échantillon de plus de 5.000 personnes, révèle en effet que 22,5% des hommes plus de 25 ans ont un indice de masse corporelle supérieur à la normale. Chez les plus de 40 ans, la proportion atteint même 25,5%.

 

Du coup, ces messieurs portent un intérêt croissant aux régimes. Plus des trois quarts disent en effet y songer, et même 85% parmi les plus de 50 ans, à cause de leur rond bidon. Lequel s'est selon eux mis à gonfler anormalement, parce qu'ils ne font pas assez d'exercice et qu'ils mangent trop. S'ajoutent a ces deux causes majeures présumées une alimentation jugée deséquilibrée, et des pochtronneries trop fréquentes. C’est que les salariés nippons ont la fâcheuse habitude de se saouler le gueule au mélange peu recommandable de bière, en pintes,  et de saké entre  tous les soirs de la semaine ou presque. Au point de vomir éhontément sur les trottoirs en titubant sur le chemin du retour vers la gare pour chopper le dernier train. Passons.

 

 

 

 

 

Ces messieurs envisagent ou ont donc en majorité tenté de se mettre à la diète, d'abord parce qu'ils finissent quand même par s'en faire pour leur santé au vu des résultats pas brillants des visites médicales. Plus les années passent, plus les choses s'aggravent et plus ils s'en soucient selon l'étude de Kirin. Reste qu'il y a loin de l'intention aux actes. Car poursuivre un régime sur la durée s'avère selon les personnes sondées très compliqué, notamment en raison des contraintes professionnelles, comprendre l'obligation de participer aux soirées arrosées entre collègues et de bouffer à la va-vite des « bento », plateaux repas nippons, au bureau, sans quitter des yeux l'écran de l'ordinateur. Résultat : parmi ceux qui se sont effectivement astreints à un régime, près des deux tiers ont, soit échoué totalement, soit repris les kilos qu'ils avaient peiné  à perdre.

 

Pour autant les mâles nippons se tracassent pour le « qu'en dira-t-on ? » autrement dit pour leur aspect physique, selon Kirin. Une autre enquête nous a même appris dimanche 18 juin 2006, qu'en moyenne les hommes japonais s'adonnaient au shopping vestimentaires une ou deux fois par mois.

 

 

 

 

Les sommes dépensées par ces messieurs en fringues ont augmenté pour la première fois en 2005 depuis quatre ans,  bien qu'ils disent disposer de peu de temps pour faire du lèche-vitrines, toujours à cause du boulot. Faut-il y voir un moyen de compenser artificiellement les imperfections physiques de plus en plus criantes ? A moins qu’il ne s’agisse plus bêtement des effets de la campagne "cool biz" initiée en 2005 par le gouvernement, qui vise justement à inciter la gent masculine à renouveler sa garde-robe pour troquer les traditionnels costumes-cravates sombres contre des tenues plus estivales, moins étouffantes afin d'éviter que les entreprises et lieux publics ne fassent tourner les climatisations à plein régime. L'objectif final étant de limiter la consommation d'énergie et partant les rejets de gaz à effet de serre. Cette campagne fait certes les affaires des fabricants de chemisettes et polos légers, mais elle a déclenché l'an passé l'ire des spécialistes des cravates.

 

Toutefois ces derniers ont réagi cette année en proposant des cravates d’un nouveau type, en matière plus légère, qui s'agrafent au col de la chemise sans enserrer le gosier. Ces innovations ont même été saluées par la ministre de l'Environnement nippone comme une démonstration de civisme. La campagne "cool biz", qui a commencé le 1er juin,  devrait cet été 2006 encore doper les ventes de vêtements sur l’archipel.

 

Pour qu’elles ne dégringolent pas une fois l’automne venu, le gouvernement a également lancé le pendant hivernal de "cool biz", baptisé "warm biz" pour inciter cette fois les Nippons à porter de chauds pulls et pantalons en période de froideur afin là encore de limiter l'usage des climatiseurs.

 

Reste aux fabricants de cravates à se creuser encore une fois la cervelle pour concevoir des cravates à porter avec... des cols roulés

 


Article précédent - Commenter - Article suivant -

Commentaires

merci

Bonjour, 
C'est vraiment enrichissant et amusant de lire vos articles. Néanmoins, avec mes connaissances en langue française, je me demande si ce n'est pas plutot "Qu'en dira t-on? " que "Quand dira t-on?" comme vous écrivez? Ou bien c'est un rhétorique que je n'ai pas compris? si c'est ainsi, autant pour moi. 
Bonne continuation 
 

Trang - 18.10.08 à 04:08 - # - Répondre -

Re: merci

Oups? Vous vez bien sûr raison. Vilaine faute, je me suis encore mal relue. Par contre, on écrit "au temps pour moi".

Amicalement.

Karyn

kpoupee - 18.10.08 à 12:06 - # - Répondre -

Commenter l'article