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Petits et grands faits de l'actualité nippone, sélectionnés par Karyn Poupée (journaliste), sur des musiques d'Hugues Le Bars

Japon: le hit-parade 2006 des produits, concepts et services...

...une année marquée par les technologies, la santé, et l'écologie.

Publié par K. Poupée le Lundi 18 Décembre 2006, 22:18 dans la rubrique Consommation


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S'il est pertinent de dresser le portrait d'individus sur la base de leur consommation, on déduira du hit-parade des produits, concepts et services qui ont cartonné cette année au Japon ce que l'on savait déjà: les Japonais sont des technophiles avertis et des consommateurs moutonniers insatiables.



Cette conclusion s'impose à nouveau à la lecture du "2006 hit souhin banzuke", le classement établi chaque millésime par l'excellent "Nikkei Ryutsu", journal de la distribution, dont l'auteur de ce blog est une fervente lectrice.

Comme chaque année, ce hit-parade est divisé en deux parties: un classement pour la région ouest du Japon, le Kansai, où se trouve l'agglomération d'Osaka, et un classement pour l'est, le Kanto, c'est-à-dire la région de Tokyo.



Arrivent en première position, dans l'est, les appareils photos numériques à visée reflex et objectif interchangeable. Ces boitiers haut de gamme ne sont plus réservés aux seuls amateurs avertis. Les femmes et les profanes se laissent désormais séduire.
Cela tient d'abord à l'extension de l'offre avec cette année 2006 l'entrée en lice de Sony (qui a repris les technologies et la marque Alpha de Konica-Minolta), et celle concomitante de Matsushita/Panasonic (qui exploite des brevets de Leica). S'ajoute à l'enrichissement de la ligne de produits une baisse continue des prix.

Les pionniers du secteur que sont les japonais Nikon et Canon sont désormais en mesure de proposer d'excellents appareils à moins de 100.000 yens (670 euros) qui les mettent à la portée de nombreuses bourses. La photo étant en outre pour les Nippons une seconde nature, il n'est pas surprenant qu'ils se ruent sur ces appareils qui leur donnent les mêmes sensations que les bons vieux boîtiers argentiques d'antan avec le meilleur des technologies numériques et optiques du moment.




Dans la région d'Osaka, ce sont les centres commerciaux qui ont marqué l'année. Les Japonais, qui s'affublent parfois du sobriquet de "kaimono minzoku" (civilisation des achats), adorent les lieux où sont concentrés des dizaines de magasins en tout genre.
Attention, on ne parle pas de galeries marchandes du genre de celles qui accomagnent les horribles hypermarchés Auchan à la périphérie des villes francaises. Non, les centres commerciaux que chérissent les Nippons sont de luxueux complexes dans des buildings à l'architecture soignée, au coeur des grandes villes.
Cette année, plusieurs de ces hauts-lieux du commerce ont vu le jour qui, grâce à la présence d'enseignes prestigieuses, ont draîné des millions de Nippons. La tendance actuelle est de créer des sites qui, en dépit des tonnes de béton armé dont ils sont constitués, se parent de vertus écologiques grâce à des technologies permettant de minimiser la consommation électrique, de réduire les rejets polluants et de créer une ambiance "nature". Ces centres commerciaux haut de gamme sont souvent conçus par des urbanistes et architectes de renom, comme Tadao Ando, et vantés par des artistes écolos admirés comme Ryuichi Sakamoto.

Sans transition.



En deuxième place dans le classement de la région de Tokyo, on trouve les "billets électroniques" pour trains et avions. Comprenez les tickets virtuels stockés sur des puces sans contact qui, insérées dans une carte en plastique ou intégrées dans les téléphones portables, permettent de franchir les portiques d'accès aux quais de trains et métros ou d'embarquer dans un avion sur les lignes intérieures nippones sans enregistrement. Ces systèmes, qui s'accompagnent souvent de fonctions autres (porte-monnaie électronique, carte de fidélité, carte de crédit), connaissent un développement ultra-rapide au Japon.



Dans la région d'Osaka, ce sont les mini-véhicules, économes en carburant et ultra-maniables, qui se placent en deuxième position.
Ces petites automobiles, dont Suzuki est un des plus importants constructeurs, sont très appréciées des personnes âgées et des femmes, et font souvent office de deuxième voiture. Les entreprises, soucieuses de réduire leurs coûts et poussées à respecter l'environnement, les utilisent également de plus en plus souvent, pour des petits transports logistiques, pour leurs représentants commerciaux, ou pour leurs équipes mobiles de maintenance. Environ un tiers des automobiles nouvellement immatriculées au Japon en 2006 appartiennent à cette catégorie qu'aucun constructeur local ne peut ignorer alors que le marché des traditionnelles berlines tend à fléchir.



En troisième place à Tokyo, se trouve non pas un produit ni un service ni un concept mais un sujet très à la mode en ce moment: les traitements et autres mesures pour lutter contre ce qu'on nomme ici le "metabolic syndrome". En clair, les moyens de se combattre la "prise de bide" dont sont notamment victimes les hommes et femmes à partir de la quarantaine.



Vous n'imaginez pas le nombre de sociétés de tous secteurs qui font de la prévention contre ce mal un argument de vente, et les articles et reportages faisant leur beurre sur ce sujet. Du coup, tout le monde s'inquiète et s'empresse de se ruer sur les remèdes plus ou moins charlatanesques.
Des entreprises proposent même à leurs salariés de les aider à combattre ce fléau en leur offrant des stages de sport. D'autres leur vissent à la ceinture des podomètres pour compter les pas effectués chaque jour (en leur recommandant d'en faire au moins 10.000 quotidiennement). Nombreuses sont aussi celles qui envoient des e-mails à leurs ouailles en fin de journée pour leur déconseiller les beuveries dont sont coutumiers les salarimen nippons.



Dans un genre voisin, les Nippons de la région ouest ont hissé en troisième place du classement les jeux d'entraînement des méninges, autre grande mode. Ces outils pour lutter contre le vieillisement des neurones, à commencer par les innombrables jeux du genre sur console de poche DS/DS Lite de Nintendo, font un carton auprès des quadragénaires et de leurs aînés. Sans compter les livres, les magazines, et toute une flopée d'accessoires pour ne pas perdre la tête et améliorer ses performances intellectuelles.



En quatrième place à Tokyo, encore un concept à la mode: le Web 2.0, ou internet participatif. Il eut été surprenant qu'au royaume de la high-tech l'effervescence autour des blogs et réseaux communautaires (SNS) ne rencontre pas le même succès qu'ailleurs. A noter, comme on vous l'a déjà expliqué ici, que les Japonais ont tendance à préférer les clubs fermés des SNS aux blogs ouverts à tous.



Au même rang à Osaka, arrive la "Full high definition", la pleine haute-définition, c'est-à-dire la restitution d'une image vidéo dans la qualité maximale du moment, 1080 lignes de 1920 points, sur un écran comportant exactement le même nombre de pixels physiques (environ 2 millions), en provenance d'une source vidéo (lecteur de DVD, console de jeux) elle-même "full HD"

On ne vas pas vous dérouler tout le classement, mais sachez que dans les places suivantes on trouve encore de la high-tech ( TV numérique terrestre mobile pour téléphones portables et autres récepteurs nomades, lancée au Japon en 2006, ou la portabilité du numéro mobile entrée en vigueur en octobre 2006).

Figurent aussi dans la suite du tableau des concepts à la mode liés aux évolutions démographiques (nouveaux types de magasins adaptés aux vieux) ou des innovations pour accompagner les nouvelles formes de consommation (achats de vêtements et cosmétiques sur par téléphones mobiles notamment).

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Japon: au commerce tout est bon...

...y compris l'entrée en vigueur d'une mesure réglementaire

Publié par K. Poupée le Mercredi 25 Octobre 2006, 17:45 dans la rubrique Consommation



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Le Japon, royaume du consumérisme à tout-crin, est aussi l'empire de la promotion débridée.


Les boîtes à lettres débordent chaque jour de publicités, les écrans vidéo attrapent partout le regard, les "hommes sandwichs" continuent de parader sur les trottoirs, les affiches pendent des plafonds des métros et tapissent les murs des couloirs, les spots hâchent en menus morceaux les programmes radios et TV, les films et mêmes les JT sont tronçonnés par des messages publicitaires qu'aucun jingle n'annonce, les boîtes électroniques sont envahies de mails promotionnels, bref, le citoyen est harcelé en permanence. Mais nul ne se plaint, au contraire.


Dans ce contexte, le moindre événement est transformé en opération marketing, qu'il s'agisse de l'inauguration d'un nouveau magasin, du lancement d'un nouveau produits, ou de la mise en place d'un nouveau service, voire de l'entrée en vigueur d'une loi.

Exemple: le lancement de la portabilité du numéro mobile au Japon, une mesure légale qui permet de conserver son numéro d'appel même en cas de changement d'opérateur, s'est ainsi transformé en gigantesque foire commerciale dans toutes les boutiques de téléphones du pays.


Rabais et autres offres incitatives, chaque opérateur a sorti le grand jeu dépêchant partout des armées de vendeurs en uniformes pour tenter de rafler un maximum de clients dès le premier jour d'entrée en vigueur de cette mesure, le mardi 24 ocotobre 2006.

Après un matraquage d'informations sur le sujet dans toute la presse, la portabilité, baptisée MNP, a de fait déclenché mardi une ruée dans les hypermarchés de l'électronique de Tokyo.

"Vers la gratuité des appels et des mails", annonçait un bateleur de Softbank Mobile. "Numéro un pour la satisfaction du client", répliquait un rabatteur de KDDI. "Sans changer de numéro, vous aussi rejoignez DoComo", rétorquait un troisième harangueur de foule habillé aux couleurs dudit NTT DoCoMo, premier opérateur japonais.

Salariés en costume-cravate, mères de famille, retraités, adolescents, jeunes couples étaient ainsi bombardés de prospectus et formulaires de sondages à l'entrée du célébrissime Bic Camera du quartier central de Yurakucho à Tokyo.

Les opérateurs s'étaient préparés, techniquement et commercialement, depuis des mois à l'entrée en vigueur de ce dispositif qui peut potentiellement redistribuer les cartes entre les principaux acteurs du secteur que sont NTT DoCoMo, KDDI et Softbank Mobile (ex-Vodafone Japon), même si au vu des nombreux précédents étrangers, aucun ne croît sincèrement à une transhumance massive des abonnés. Il n'empêche, nul ne pouvait se permettre de rater le coche, au cas où, sait-on jamais.

Selon les dernières études en date, de 6% à 10% des abonnés, soit 6 à 10 millions de clients, se disent tentés de changer d'opérateur. Reste que plus les clients s'intéressent au sujet, plus ils hésitent. Car même en emportant avec soi son numéro en cas de divorce avec l'opérateur initial, il faut renoncer à nombre d'autres choses, à commencer pas la sacro-sainte adresse e-mail mobile, fonction utilisée par plus de 80% des abonnés. De plus, tous les contenus achetés avec l'ancien terminal doivent être passés par pertes et profits, ainsi que les points de fidélités et ristournes accumulés au fil des mois. Bref, pas si facile de plaquer son opérateur. Par contre, la menace existe qui pousse les fournisseurs de services à se montrer irréprochables.

"Avec la mise en place de la portabilité du numéro, nous pensons que les clients vont être plus sévères sur leurs choix, ce qui constitue pour nous une pression supplémentaire", reconnaît le PDG de NTT DoCoMo, Masao Nakamura, dont l'entreprise contrôle la moitié du marché japonais.
"Si nous nous reposons sur nos lauriers, nous sommes condamnés. Nous devons penser aux clients et avancer sans cesse ", a-t-il averti.
"La portabilité est une chance qui peut nous permettre de franchir la barre des 30 millions d'abonnés, et atteindre 30% de part de marché" contre 26% actuellement, a affirmé pour sa part le patron de KDDI, Tadashi Onodera.



Quant au nouvel entrant et troisième du podium, Softbank Mobile, il a déclaré lundi une guerre des prix à ses concurrents, avec une offre forfaitaire comprenant la gratuité d'une partie des appels.

"Nous allons aller jusqu'au bout. Nous allons offrir les prix les plus bas possibles", a promis le patron de Softbank Mobile, Masayoshi Son.


L'homme, arrogant, s'est déjà illustré dans le passé avec une stratégie du même accabit en bradant l'ADSL avec son service Yahoo BB, entraînant une chute générale des tarifs du haut-débit. Mais là, il prend un risque énorme, le réseau dont il a hérité de Vodafone Japon ayant quelques lacunes techniques que les exigeants clients nippons intransigeants sur la qualité, la fiabilité et la diversité des services mobiles, ne sont pas prêts à accepter.


Selon les sondages, la majorité des candidats au changement d'opérateurs sont en effet des ex-clients de Vodafone qui sont tombés malgré eux dans l'escarcelle de Softbank quand ce groupe a racheté Vodafone Japon en début d'année 2006.


En outre, il n'est pas dit qu'au Japon l'arme du prix constitue l'argument massue. Car les Japonais sont avant tout très attachés aux terminaux de même qu'aux fonctions et services allant de pair, quitte à y mettre le prix. Le choix de l'opérateur se fait souvent en fonction de la gamme de terminaux et services proposés. Un terrain sur lequel jusqu'à présent KDDI et NTT DoCoMo font la course en tête. Softbank ne l'ignore pas qui a vanté la sortie de 15 nouveaux appareils et l'accès à un portail mobile Yahoo en partie gratuit.


Les chiffres d'abonnements des mois de novembre, décembre et janvier, période au cours de laquelle nombre de clients changent de terminal, seront sans doute riches d'enseignements.

Quelques éléments sur les terminaux:

Quasiment tous les modèles de téléphones vendus au Japon sont de conception nippone, les fabricants étrangers ayant apparemment du mal à produire des appareils répondant pleinement aux exigences des autochtones.


Sur les quelques 22,23 millions de téléphones portables écoulés au Japon entre avril septembre
2006, plus de 85% de ces téléphones sont des modèles de troisième génération, laquelle est majoritaire au Japon, et la quasi-intégralité sont de marque nippone, Sharp étant celle qui a séduit le plus de clients avec une part de marché de 19,3%.
Suivent ses compatriotes Toshiba (12,3%), NEC (10,7%), Matsushita/Panasonic (10,6%), Fujitsu (8,4%) et Sanyo (8,3%).


La co-entreprise nippo-suédoise Sony-Ericsson se place en 7e position avec 8,2% des ventes. Elle est la seule non exclusivement nippone à figurer dans le classement.


En bas de tableau, on retrouve également presque uniquement des groupes japonais comme Mitsubishi Electric, Casio, Hitachi ou Kyocera.


Les champions mondiaux du secteur que sont Nokia (Finlande), Motorola (Etats-Unis) et Samsung Electronics (Corée du Sud) ne vendent quasiment pas de téléphones au Japon, même si les opérateurs locaux proposent quelques modèles conçus par ces groupes étrangers.

Pour finir, sachez qu'il est au Japon impossible d'acheter un téléphone "nu" sans abonnement utilisable sur les réseaux de NTT DoCoMO, KDDI ou Softbank. Tous les appareils sont co-développés par les fabricants et les opérateurs, et exclusivement paramétrés pour les services de l'opérateur qui les vend sous sa propre marque via ses circuits de distribution.

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Japon: le téléphone portable, un ersatz de livre prometteur...

...mais qui ne ne remplace pas un bon bouquin.

Publié par K. Poupée le Dimanche 10 Septembre 2006, 18:46 dans la rubrique Consommation

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Petit problème mathématique:

Enoncé:
Photographiez un groupe de dix personnes dans une des innombrables rames de trains intra-muros et métros de Tokyo. Vous en compterez en gros un tiers les yeux fermés, un tiers les yeux rivés sur l'écran de leur téléphone mobile et un tiers les yeux plongés dans un livre, un magazine, un journal ou une des publicités pendant du plafond.

Question: combien lisent?

Réponse:
plus de la moitié des passagers.



Eh oui, car outre le tiers qui lit un support imprimé, parmi le tiers ayant les yeux rivés sur le mobile au moins un sur deux lit aussi, soit un mail, soit un article sur un site mobile soit un livre électronique. Résutat: 33% + 17%= 50%

Car c'est un fait, les Japonais, 127 millions d'âmes, sont parmi les plus voraces lecteurs du monde. Les quotidiens, qui pour la plupart sortent deux éditions par jour, tirent à 70 millions d'exemplaires chaque aube venue, dont plus de 10 millions pour le seul Yomiuri Shimbun, le plus important journal du monde en termes de tirages.



Quelque 75.000 ouvrages sortent en moyenne chaque année, soit plus de 200...par jour. On trouve en rayon environ 700.000 références à feuilleter dans environ 10.000 librairies sur l'Archipel.

Fort logiquement, via la démocratisation des téléphones portables, PC, assistants numériques, dictionnaires électronique et autres engins numériques, les façons de dévorer ces nourritures plus ou moins intellectuelles changent.
Même si la lecture d'ouvrages sur ces nouveaux supports électroniques est encore loin d'être aussi massive que celle des livres traditionnels, une tendance à manger moins de papier se dessine néanmoins, qui se traduit par un nombre grandissant de publications hybrides papier/numérique. Il existerait environ 60.000 références de ce type.



Au Japon, les terminaux privilégiés pour la lecture électronique sont sans l'ombre d'un doute le téléphone portable d'une part, et le PC d'autre part, très loin devant les "livres électroniques" du type de ceux développés par Sony (Librié), Toshiba et Matsushita (Sigma Book).

De fait, de nombreux sites pour PC et/ou téléphones mobiles ont vu le jour au Japon. Ils sont disponibles sur les portails des trois principaux opérateurs mobiles (NTT DoCoMo, KDDI et Softbank Mobile) de même que sur internet.



On trouve par exemple une cinquantaine de sites/librairies officiels sur le portail de KDDI, classés par types d'ouvrages.
L'un des plus importants proposent près de 5.000 référence pour mobiles et dix fois plus pour PC.
La plupart des ouvrages sur mobiles sont des romans de gare, des manga, des livres de conseils pratiques, bref des lectures faciles pour tuer le temps dans les transports publics. Les ouvrages de photos tendancieuses y sont également sur-représentés qui ciblent un public de "salarimen" lecteurs des tabloïds moyennement recommandables et magazines ou manga du même accabit.



Sur tous les sites mobiles, les contenus sont bien entendu payants (de un euros à plus de 10 euros selon l'ouvrage), certains exigeant en plus un abonnement mensuel (2,5 euros).


Pour parcourir ces livres, il est en outre nécessaire de télécharger dans le téléphone un petit programme de lecture capable de décoder les formats de fichiers. A noter que ce logiciel est particulièrement efficace pour les mangas: le passage d'une vignette à l'autre se faisant via des animations qui rendent la lecture très agréable, bien plus que celle des autres types de livres (romans, essais...). Question d'habitude sans doute.




Si le téléphone portable s'impose devant les assistants numériques ou livres électroniques, c'est qu'il permet à la fois de sélectionner, acheter, télécharger et lire les ouvrages n'importe où et n'importe quand.
Le livre électronique souffre par comparaison de plusieurs handicaps: il est plus imposant, ne dispose pas de fonctions intrinsèques de communication, ni de système de paiement direct, et requiert donc obligatoirement l'usage combiné d'un ordinateur.




La limite de mémoire dont souffrait initialement le téléphone portable n'est aujourd'hui plus vraie. Il est en effet d'ores et déjà possible de loger dans les téléphones des cartes de 2 gigaoctects (Go), soit des centaines voire des milliers de livres.

De surcroît, habitués à lire et écrire de longs e-mails sur leurs "keitai" (mobiles), ou à parcourir les pages de très petits livres de poche, les Japonais ne considèrent pas comme un problème la surface limitée des écrans des mobiles, d'autant que la taille des caractères est ajustable et que le défilement est automatique pour qui le souhaite.
L'écriture nippone, qui mixe kanji et syllabaires, sans espaces, s'adapte plus facilement à ces supports que l'écriture alaphabétique.
S'ajoute à cela le fait que les ouvrages numérisés proposés pour les mobiles sont vendus moins chers que leurs équivalents imprimés. Sans compter que de nombreux extraits de livres sont parfois proposés gratuitement.

A vrai dire, le Librié de Sony est presque un flop commercial au Japon, même si techniquement il est par certains côtés révolutionnaire.
L'auteur de ces lignes, qui en possède un depuis son premier jour de commercialisation, doit piteusement avouer ne quasiment pas s'en servir. Le logiciel sur PC est peu pratique, les commandes très lentes, tout comme le raffraîchissement d'écran, le chargement, et la navigation de façon générale. Bref, le concept est intéressant, mais à notre humble avais, très loin d'être abouti.



Un assistant numérique comme la série "Zaurus S" de Sharp, qu'on peut aussi tenir comme un livre, avec sa molette latérale de défilement, son écran tactile à cristaux liquides d'excellente définition, est, il faut le dire, 1000 fois plus pratique.



Sony a de plus choisi un format propriétaire qui limite l'offre, même si le site associé dispose d'une offre assez riche en location ou achat. Notons également que le mode noir et blanc constitue aussi un handicap pour certains types d'ouvrages qui sont plus attractifs et plus lisibles en couleurs, ce que ne permet pas encore facilement l'encre électronique mais que réussit parfaitement la technologie LCD.
Bref, il est clair qu'au Japon, le téléphone portable est le support électronique de lecture qui a de loin le plus de potentiel.



Le PC n'est pas mal placé non plus. Grand écran couleur, téléchargement direct, fonctions interactives, et largesse de l'offre (jusqu'à 55.000 ouvrages sur les sites les mieux approvisionnés) sont ses principaux points forts.



Les librairies électroniques proposent en outre à leurs abonnés une fonction appelée "tachiyomi", littéralement "lire debout", laquelle correspond à l'habitude des Japonais de rester des heures devant les gigantesques rayons dans les lieux de ventes de livres ou magazines (librairies, konbini) pour en parcourir des pages avant d'acheter.



Les larges extraits proposés ainsi gratuitement aux abonnés sont assurément un des facteurs qui dopent les ventes. Les magazines l'ont compris qui offrent aussi certains de leurs articles sur ces mêmes sites en guise d'hameçon.



Car il est clair que si un livre plaît, on ne le lit pas intégralement sur le site pas plus que dans la librairie, on l'achète, pour le posséder. Il est même fort possible que les lecteurs de livres électroniques ne se contentent pas de cette forme lorsqu'un bouquin les a vraiment emballés. Le posséder vraiment, c'est l'avoir concrètement, c'est à dire sous forme imprimée.



En effet, si les Japonais sont certes technophiles, ils sont tout autant matérialistes et fétichistes. De même que les acheteurs de musiques en ligne nippons continuent de s'offrir les CD de leurs artistes préférés même s'ils en ont téléchargé tous les titres sur leur téléphone portable, les lecteurs sur supports électroniques continueront sans nul doute de fréquenter les librairies ayant pignon sur rue et d'en ressortir avec un bon gros lot de bouquins.

Dernières nouvelles:

A noter que le mardi 26 septembre 2006, quelques jours après la rédaction de ce papier, Matsushita (Panasonic) a annoncé la commercialisation avant fin 2006 au Japon d'un nouveau livre électronique, après son Sigma Book lancé en 2004 qui fut un flop commercial.

Baptisé "Words Gear", le nouvel appareil, au format de livre de poche, permet de lire des livres ou magazines, d'écouter de la musique, de regarder des photos ou des vidéos stockés sur carte-mémoire au format SD.
Il dispose d'un large écran à cristaux liquides et d'une interface à quatre capteurs sensoriels sur le côté qui permettent d'effectuer toutes les manipulations d'une seule main (choix de livre, changement de page, modification de la taille des caractères...).
Ce terminal sera proposé aux alentours de 40.000 yens (270 euros). Pour le moment, il n'est pas prévu de le commercialiser hors du Japon.

Dans le même temps, Matsushita,  le groupe d'édition Kadokawa et le mastodonte audiovisuel TBS proposeront plusieurs librairies virtuelles (livres et autres contenus multimédias) destinées à la fois au nouveau terminal Words Gear, mais aussi et PC et téléphones portables.

Par ailleurs, un éditeur lancera prochainement sur le marché japonais des mangas et autres livres sur cartes lisible sur la console de jeux vidéo portable DS (voir aussi reportage au Tokyo Game Show)

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A Tokyo, il vaut mieux être gadgetophile fumeur...

... que "végétarien-bio" frutivore

Publié par K. Poupée le Lundi 7 Août 2006, 18:53 dans la rubrique Consommation

NOUVELLE VERSION


Après une petite trêve musicale en compagnie du compositeur nippophile Hugues Le BARS puis du collectif musical "rinôçérôse" qui nous a fait l'amabilité de venir nous rendre visite au Japon, nous allons revenir à nos sujets de prédilection habituels, qui mêlent économie, faits de société et technologies.

Même s'il a un peu tardé, l'été est enfin arrivé à Tokyo où la température voisine en ce début août 2006 avec les 35 degrés.

Bonne occasion pour vous parler d'un sujet qui nous turlupine depuis quelques semaines: le prix dans la mégapole des produits raffraichissants de saison que sont les fruits .

Car la chose est pour le moins surprenante.



On trouve en effet moins facilement des fruits à Tokyo qu'une carte-mémoire pour téléphone portable.

Alors qu'à Paris "l'Arabe du coin" se reconnaît à l'étal de fruits en devanture, à Tokyo, les milliers de "konbini" (supérettes ouvertes 24H/24) présents à tous les coins de rues ne vendent le plus souvent ni fruits ni légumes frais, alors qu'ils ont en rayons toutes les variantes de cartes-mémoire et même des chargeurs ou autres accessoires pour mobiles.



Pour dénicher des pommes, des bananes, des poires ou des pêches, il faut aller dans les supermarchés, lesquels ne sont pas très nombreux au coeur de la mégapole, ou bien dans les sous-sols des grands magasins comme Takashimaya ou Mitsukoshi.

Là, pas de problèmes. Les rayons de fruits et légumes y sont non seulement spacieux et abondamment approvisionnés, mais aussi fort bien éclairés.
Rien à dire, les produits y sont fort bien mis en valeur, et l'hygiène parfaite.
Bref ça donne clairement envie d'acheter... jusqu'au moment où l'on découvre l'étiquette.



Première surprise, les fruits basiques comme les pommes, les poires, les oranges ou les pêches ne sont pas vendus au kilo, comme c'est généralement le cas en France, mais à la pièce. Et pour cause, le tarif au kilo serait pour le moins disuassif.
En effet, une pomme du cru, en provenance par exemple de la préfecture d'Aomori (nord de l'île principale de Honshu) se monnaye au minimum quelque 300 à 600 yens, soit 2,40 euros à plus de 4 euros pièce.

Pour avoir un peu moins cher, il faut choisir un fruit importé. Pour résumer, disons que la pomme la moins coûteuse, mais aussi la moins juteuse, et la plus petite (200g) sera aux alentours de 1,10 euro.

Idem pour les poires, les kiwis de Nouvelle Zélande ou les oranges en provenance d'Amérique.

Dans les rayons bon marché, un melon se monnayera à partir de 600 yens (4 euros), un ananas à partir de 500 yens (3,40 euros) ou encore une pastèque de petite taille à partir de 900 yens (6 euros).

En s'éloignant de Tokyo, dans certains supermarchés les prix sont légèrement inférieurs, mais quoi qu'il en soit, toujours plus élevés qu'en France.



Là n'est pas pourtant pas le plus affolant.

Adepte de la formule "tant qu'à nettoyer, autant faire briller", l'auteur de ces lignes s'est amusée à rechercher les fruits les plus chers de Tokyo, juste histoire de voir quels sommets les producteurs et commerçants sont capables d'atteindre.

L'enquête s'est révélée pour le moins fructueuse...

Nous avons en effet déniché dans le grand magasin Takashimaya de Tokyo un stand de fruits spécialisé dans les produits régionaux japonais émanant de petits producteurs où les étiquettes font sourire tant elles sont ahurissantes.

Exemples:



Un melon de la préfecture de Shizuoka, y est proposé pour la modique somme de 12.600 yens, soit 85 euros au cours actuel.



Deux mangues de Miyazaki: 21.000 yens , soit 143 euros.



Une grappe de raison de Nagano, 5.250 yens (36 euros).



Six pêches de la même provenance, Yamagata, 6.825 yens (46 euros).



Une toute petite mandarine de la préfecture d'Aichi, fort appétissante au demeurant, 368 yens (2,50 euros).

Un kaki de Wakayama, 1.260 yens (8,60 euros).

La liste est loin d'être exhaustive

Le plus drôle, c'est lorsqu'on compare ces prix avec ceux d'autres types de produits vendus au Japon. Les valeurs absolues seules n'étant en effet pas parlantes, voici quelques points de comparaison pour se fixer les idées.



Par exemple, pour le prix des deux mangues (21.000 yens), il est possible de s'offrir la dernière console DS Lite de Nintendo accompagnée de deux jeux.
Pour le prix du melon de Shizuoka, vous ressortirez d'un hypermarché de l'électronique d'Akibara avec dans votre cabas un casque audio de studio haut-de-gamme Sony CD900ST, le meilleur.

Pour le prix de la grappe de raisin rouge ou vert de Nagano, vous aurez droit à 17 ou 21 paquets de cigarettes brunes ou blondes.





Pour l'équivalent enfin d'une cagette de 10 melons de Shizuoka, vous trouverez même sans trop de difficultés un téléviseur à écran plat LCD de 32 pouces d'origine japonaise.



Bref, vous l'avez compris, l'échelle des valeurs à Tokyo n'a rien à voir avec celle qui existe à Paris, au point qu'on peut apercevoir parfois dans les parcs de la capitale des sans abris crève-la-faim qui n'ont rien d'autre que des clopes à se mettre dans la bouche mais ont néanmoins une radio FM et une mini-TV à piles à se poster sous les yeux.

Si Tokyo est effectivement une des villes les plus chères du monde, cela tient surtout au fait que ce qui est vital (la nourriture, le logement, les transports) est très onéreux, alors que le superflu (cigarettes, gadgets électroniques) y est proportionnellement bon marché.

Ce paradoxe tient essentiellement au fait que le Japon est un pays surpeuplé qui, s'il produits des engins high-tech à qui mieux-mieux, est loin d'être auto-suffisant sur le plan alimentaire.
Sa production maraîchère intérieure, limitée et il est vrai ultra-soignée, se monnaye donc très chère.



Les clients qui craignent de plus en plus les maladies d'origine alimentaire et disposent d'un pouvoir d'achat important, sont par ailleurs de plus en plus enclins, par souci sanitaire, à se tourner vers les produits locaux, voire bio, issus de lieux réputés.
La demande grimpant, les prix suivent le même mouvement.

Les tarifs à l'arrivée sont en outre d'autant plus élevés que les circuits de distribution sont constitués de nombreux intermédiaires qui, tous, prennent leur dîme au passage. C'est le prix de la fiabilité et de la ponctualité de la chaîne logistique, une autre caractéristique toute nippone.


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Au salon du jouet de Tokyo...

... les fabricants ciblent les parents autant que les enfants.

Publié par K. Poupée le Dimanche 16 Juillet 2006, 18:40 dans la rubrique Consommation


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Ouf, week-end, repos bien mérité en attendant une nouvelle probable salve de missiles nord-coréens. Les menaces pleuvent.

Au Japon aussi, nous avons eu droit à trois jours de congés. Pas en raison de la fête du 14 juillet, puisque le pays du Soleil-Levant ne célèbre bien entendu pas la Révolution francaise, mais parce que le lundi 17 juillet est férié pour cause de ... journée de la mer ("umi no hi").
Nous avons donc profité de cette trêve marquée par une chaleur moite étouffante pour aller nous distraire au salon du jouet, à l'espace d'exposition Big Sight, dans la baie de Tokyo.
Bilan? Crevant, bruyant, mais intéressant et riche d'enseignements.



Cette 44e édition du "Tokyo Omocha show", réservée aux professionnels durant deux jours puis ouverte gratuitement au grand-public les deux suivants, dessine en effet les tendances du marché du jouet au Japon pour les prochains mois et années.
Quelques 167 exposants (dont 137 sociétés japonaises) y présentaient leur dernières trouvailles, parfois en avant-première.




Les géants nippons du secteur, Bandai/Namco, Takara/Tomy ou Sega, se faisaient particulièrement remarquer par le giganstisme de leurs stands et le bruit assoudissant allant de pair.

On ne va bien sûr pas vous faire une revue de détails des quelque 35.000 jouets exposés, mais juste vous donner un aperçu des objets, qui, à nos yeux, symbolisent le mieux ce salon.

Les innovations se trouvent en effet principalement dans deux catégories de jeux.

D'une part ceux qui s'adressent aux enfants en empruntant dans l'univers des parents et en s'appuyant sur la high-tech, et d'autres part ceux qui ciblent les parents en cultivant la nostalgie de leurs années d'adolescents.



Dans la premiere catégorie on trouve par exemple des camescopes/appareils photos numériques en plastique coloré qui sont munis d'un petit écran LCD couleur, d'un capteur CCD et permettent d'enregistrer quelques minutes de séquences vidéo et des photos sur carte mémoire SD. Dans la même veine figurent également des mini-baladeurs audionumériques MP3 destinés aux enfants d'une dizaine d'années, ainsi qu'une platine DJ. Le tout est signé Sega.
Ces objets ludiques permettent aux enfants de se sentir grands en évitant aux parents de se ruiner dans l'achat de vrais camescopes ou baladeurs.

Dans la seconde catégorie, pour les parents nostalgiques, on trouve des engins radio-commandés, comme un hélicoptère d'intérieur, un sous-marin, ou des mini-voitures et autres reproductions de véhicules qui font mouche auprès des jeunes adultes.




Outre les deux grandes familles de produits ci-dessus citées, figurent également en bonne place d'autres types de divertissements en vogue. C'est notamment le cas des avatars de "tamagochis" en tous genres pour filles et garçons, des jeux de cartes-quiz, dans la lignée des Pokemon ou Yugi Oh.
Pour les parents, on a pu noter un certain engouement pour les " faux jouets" que sont les ultra-populaires musiciens de jazz de Bandai qui font un carton inattendu auprès des quadra et quinquagénaires, ou pour le mini piano à queue automatique de Sega qui sortira en fin d'année et fera sans doute également un tabac auprès des amateurs de jazz ou de musique classique de 40 à 70 ans.



On a aussi été agréablement surpris par la mini-console de jeu "Pocket Dream Console" que sortiront Takara et Tomy en août au Japon. Elle contient 30 jeux simples en mémoire (parmi lesquels l'incontournable "Space Invaders"), dispose d'un écran LCD couleur, et surtout peut se brancher sur un écran de télévision. Proposée à moins de 100 euros, même si elle n'a pas, loin s'en faut, la puissance d'une DS ou d'une PSP, elle devrait faire son effet dans les cours d'écoles primaires.



"Last but not least", meme si le salon du jouet de Tokyo était envahi d'enfants de moins de dix ans, venus en poussettes, il n'a pas fait l'impasse sur l'un des marchés les plus porteurs du moment: celui des jeux d'entrainement des méninges pour adultes d'âge avancé.



C'est que le accéléré de la population nippone oblige les fabricants à repenser leur stratégie pour ne pas voir leur business se réduire comme peau de chagrin dans quelques années, sachant que seulemnt 13% de la population nippone a aujourd'hui moins de 15 ans (contre 21% de plus de 65 ans), et que les choses ne vont pas aller en s'améliorant.

Ces dernières années, le marché du jouet a en effet déjà commencé à se contracter en valeur.
Il représentait 698 milliards de yens (4,8 milliards d'euros) en 2005, contre 732 milliards de yens (5 milliards d'euros) en 2000.
Il convient toutefois de noter qu'en y ajoutant les jeux vidéos et consoles, l'ensemble du marché du jeu japonais s'établissait en 2005 à quelque 1.194 milliards de yens ( 8,2 milliards d'euros).

La sortie en 2004 de la console DS, qui touche une très large population des deux sexes, et pas seulement les jeunes, de même que la mise sur le marché attendue en fin d'année 2006 de la PlayStation 3 de Sony et de la Wii de Nintendo, devraient donner un nouveau coup de fouet au secteur du divertissement nippon, lequel profite assurément de la reprise économique fort bien venue.

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Les Japonais, une civilisation de consommateurs insatiables ...

...en voie de sophistication avancée

Publié par K. Poupée le Vendredi 14 Juillet 2006, 19:46 dans la rubrique Consommation



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Yves Carcelle, PDG de Louis Vuitton nous confiait ici même récemment lors d'une brève visite à Tokyo qu'il ressentait chez les Nippons une envie de sophistication. Juste observation qu'illustrent de nombreux exemples du quotidien dont nous allons vous offrir un luxe de détails. Car c'est un fait, reprise économique qui se confirme, taux de chômage au plus bas (4% de la population active), salaires en hausse et autres facteurs aidant, les Japonais, dont le niveau de vie moyen est déjà l'un des plus élevés du monde, visent encore plus haut.

Cela se voit notamment dans les achats de biens de consommation.






Prenez par exemple le récent classement des camescopes les plus vendus établi par l'institut BCN en décortiquant les achats effectués dans 2.200 magasins d'électronique de l'archipel. Arrive en tête avec une belle longueur d'avance sur tous les autres, le plus récent modèle de Sony.

Particularités de l'engin: il est le plus cher des appareils grand public, mais il est haute-définition. Basé sur des technologies professionnelles reconnues dans le milieu, il répond donc parfaitement à la demande de qualité très forte chez les Nippons, même s'il faut y mettre le prix, et fût-ce seulement pour graver dans des mémoires virtuelles les premiers pas des enfants, le mariage des cousins de province ou le départ à la retraite d'un collègue.







Ce qui est vrai pour ce camescope l'est tout autant pour les téléviseurs, le succès des deux types de produits ayant d'ailleurs un point commun primordial: la qualité haute-définition.


Ainsi, les ventes de téléviseurs à écran plat plasma ou à cristaux liquides (LCD) haute-définition a dépassé pour la première fois en 2005 au Japon celui des postes à tube cathodique. Là encore, c'est le critère haut de gamme plus que le tarif qui compte. Car les clients choisissent d'abord les modèles "made in Japan" se prévalant d'une grande marque (Sony, Sharp) qui affichent les plus belles performances techniques, laissant sans hésiter de côté leurs pâles copies à bas prix de firmes inconnues au bataillon "made in Taïwan".

Les mauvaises langues nous rétorqueront que ce sont là des exemples "bateau" et pas franchement originaux.
A ces légitimes critiques, quoique, nous répondrons que la différence se situe sur deux aspects au moins.

Primo: le phénomène de recherche du haut-de-gamme est d'une plus grande ampleur au Japon, société de large classe moyenne disposant d'un relatif fort pouvoir d'achat.

Secondo: il concerne presque tous les types de produits et de services. Et on va vous le prouver.





Prenons le cas exemplaire des autocuiseurs à riz, appareil depuis des lustres indispensable dans tout foyer japonais qui se respecte.. Il existe sur le marché des modèles à 15.000 yens (un peu plus de 100 euros) qui cuisent très bien cet ingrédient de base de la nourriture nippone.

Eh bien, ce ne sont pas eux, mais les appareils dix fois plus chers qui trouvent le plus preneurs. Et pourquoi? Eh bien parce qu'ils disposent de systèmes beaucoup plus sophistiqués pour vous mijoter un riz dont vous nous direz des nouvelles. C'est écrit sur la documentation en rayon, avec force schémas techniques probants à l'appui.
Aucun magasin ne propose de dégustations comparatives, ces illustrations agrémentées de sigles technologiques à chic consonnance anglaise tellement convaincants suffisent.





Idem avec les fours à courant de vapeur, dix fois plus chers que leurs équivalents à micro-ondes,


ou bien avec les réfrigérateurs à vitamines,


ou encore avec les machines à laver anti-bactéries sans compter le cas les climatiseurs à ions-négatifs dont suprême atout, le filtre n'a pas besoin d'être nettoyé. A noter au passage que la quasi-intégralité des foyers japonais sont climatisés...


Et voilà comment les Sanyo, Mitsubishi Electric, Toshiba, Hitachi ou National tiennent la dragée haute aux concurrents asiatiques avec des engins pourtant dix fois plus onéreux.




Le goût du luxe japonais se retrouve également dans les achats vestimentaires ou les accessoires de mode. D'où cet engouement incroyable pour les objets estampillés Louis Vuitton, Chanel ou Dior.





Le nombre de sac Vuitton au kilomètre carré dans les rues de Tokyo est assurément le plus élevé du monde. Et le sac "pour faire partie du club des Vuitonisés" ne suffit pas
. On croise dans les quartiers plus ou moins huppés de la mégapole des personnes qui sont fringuées Vuitton de la tête au pied, car le maroquinier de luxe exploite à merveille le filon en étendant sa gamme de produits aux vêtements et bijoux en plus de la traditionnelle maroquinerie sur laquelle il a de longue date bâti sa réputation enviée.


Les constructeurs automobiles ne sont pas en reste. Vous ne croiserez pas d'épaves ambulantes dans les rues de Tokyo, mais de la belle bagnole, oh qui oui, à tous les coins de rues même, et briquées qui plus est.



Alors que le marché des traditionnelles berlines de tourisme marque le pas au Japon, celui des bolides de luxe y connaît une forte progression. Toyota, le numéro un local, et bientôt leader mondial, le sait qui, à l'instar des BMW ou Mercedes, se taille un joli succès avec sa marque de luxe Lexus.



Font aussi recettes les véhicules bardés de technologies nouvelles. Passons sur les systèmes de radionavigation GPS qui sont désormais installés en première monte même dans les petites voitures d'entrée de gamme.
Car au Japon, où les rues des villes n'ont pas de noms, ce n'est plus depuis belle lurette considéré comme du luxe, mais bien comme une nécessité. Et de fait, tout le monde ou presque en a un à bord.
Non aujourd'hui, le nec plus ultra, c'est le véritable home-cinéma de bord avec télévision numérique terrestre, lecteur de DVD, serveur multimédia à disque dur, le tout associé à des services internet avec connexion haut-débit, notamment pour télécharger des musiques ou des mises à jour de cartographies en 3D, ou pour surveiller à distance la maison via une web caméra.











Autre valeur sûre du moment, parce qu'à la pointe de l'innovation technique: les motorisations hybrides.
Toyota, encore lui, a mis sur le marché en juin un monospace disposant de ce mode de propulsion au carburant et à l'eléctricité, l'Estima Hybrid, qu'il espérait vendre à environ 700 exemplaires en un mois. Résultat, il en a écoulé 4.700 en quatre semaines, soit sept fois plus qu'escompté.




Et on pourrait comme ça dresser une liste impressionnante d'exemples démontrant le goût du raffinement des Japonais capables d'extravagances consuméristes totalement inusitées ailleurs. On y reviendra car c'est un trait caractéristique de la société nippone qui mérite assurément d'être davantage étudié. D'autant que le phénomène est contagieux. L'auteur de ces lignes installée au Japon depuis plusieurs années en est aussi victime, son banquier en sait quelque chose.

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Au Japon, pays des "konbini"...

.... on fait ses courses à toute heure sans soucis

Publié par K. Poupée le Dimanche 9 Juillet 2006, 18:31 dans la rubrique Consommation


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Puisque sieur Kim Jong-Il, le provocateur despote nord-Coréen, a eu la délicatesse de nous foutre la paix en ce week-end des 8 et 9 juillet 2006 (c'est-à-dire de reporter à plus tard ses nouveaux essais annoncés de missiles balistiques en direction du Japon), nous allons profiter de ce moment de répit pour vous parler davantage des moeurs nippones en matière de consommation effrénée non stop.



Qui n'a jamais mis les pieds dans la royaume du consumérisme débridé qu'est le Japon ne peut en effet imaginer l'importance qu'y ont pris les dizaines de milliers de magasins ouverts 24 heures sur 24, notamment les supérettes baptisées "konbini".


Alors que la France n'en finit pas de s'écharper sur la pertinence économique de l'ouverture des boutiques le dimanche (on ne parle même pas de la nuit), au Japon, le non-stop est de plus en plus répandu, et pas seulement pour lesdits "konbini".



Arrivés sur l'archipel dans la fin des années 1970 sous la bannière Seven Eleven, en pleine phase de consommation à tout crin, les "konbini", contraction japonisée du terme américain "convenience store", ( supérettes ouvertes 24 heures sur 24) étaient fin juin 2006 au nombre de 40.169 très exactement, selon l'Association japonaise des franchisés (JFA).

Oui, vous avez bien lu 40.169.

C'est qu'il y en a à tous les coins de rues des grandes villes, et au moins une dans chaque village, y compris les plus reculés.


On trouve de tout dans les "konbini": alimentation, produits de soins, papéterie et accessoires divers, magazines, cigarettes, alcool... On peut y expédier des fax, y régler ses factures, y poster son courrier, y faire des photocopies, y réserver des places de concert ou de musée....



Les principales chaînes de "konbini" que sont par ordre d'importance Seven Eleven, Lawson, Family Mart, AM/PM, Circle K/Sunkus se livrent une concurrence sans merci pour rafler un maximum de clients.
Leurs réseaux de magasins évoluent sans cesse, en fonction des changements intervenant dans leurs zones de chalandises.

Les carrefours dans les zones commerciales ou de bureaux sont des lieux stratégiques. Il y a ainsi à Tokyo au moins un carrefour (Kyobashi) où chaque coin est occupé par un AM/PM afin d'empêcher un rival de s'y implanter.

Seven Eleven compte à lui seul quelques 1.462 magasins à Tokyo, et Family Mart 1.009.

Parce que les rues ne suffissent, les "konbini" prennent aussi place dans les gratte-ciels de bureaux, dans les halls d'hôtel et même, nouvelle tendance, dans les hôpitaux.




Pas moins de 950 millions d'encaissements sont réalisé en moyenne chaque mois dans l'ensemble des "konbini". Une simple division nous permet d'en déduire que chaque Nippon se rend grosso-modo 7,5 fois dans un "konbini" chaque mois, soit près de deux fois par semaine donc.

Le chiffre d'affaires de l'ensemble des "konbini" s'élève en gros à 602 milliards de yens par mois, soit 4,1 milliards d'euros. Ce qui représente à la louche quelque 15 millions de yens en moyenne par magasin, soit 3.750 euros par jour par boutique.

Bon on arrête là pour les chiffres, non sans une petite conclusion qui s'impose tout de même:

le business des "konbini" ça paye.



A condition toutefois de se donner du mal, car les rivaux sont féroces.

Outre les emplacements, les "konbini" se battent ainsi sur les références en rayon, chaque enseigne s'ingéniant à développer des produits exclusifs, plus compétitifs, en s'associant par exemple à des marques jouissant d'un certain prestige (comme Muji, Shiseido...), ou en concevant des nouveautés sous licenses en utilisant les personnages de manga, entre autres.




Toujours à l'affût des nouvelles tendances de consommation, les "konbini" ne cessent d'innover pour s'en saisir. Ainsi mettent-ils actuellement particulièrement l'accent sur les produits diététiques, sachant que les minettes de 20/30 ans constituent une clientèle lucrative particulièrement recherchée.





D'où également l'ouverture récente de nouveaux types de "konbini" par les géants du secteur spécialement conçus pour capter ces consommatrices. C'est le cas de Lawson qui lancent actuellement des "konbini" pour les filles après avoir déjà innové avec les "Natural Lawson" (stylme épicerie fine), habillés de violet/rose, alors que les traditionnels Lawson sont bleus. Les autres suivent, naturellement.



En pleine période de crise, alors que les clients recherchaient les bas prix, les "konbini" ont vu débouler les "100 yens shops", magasins où tout était proposé au tarif unique de 100 yens (environ 75 centimes d'euro).

Les Seven Eleven et consorts ont réagi en ouvrant des "konbini" à 100 yens, ou en abaissant les étiquettes à 99 yens sur certains produits ultra-prisés, comme les fameux nigiris (boules de riz fourrées) qui sont l'un de leur hit depuis des lustres.

Autre exemple significatif: la création totalement nouvelle celle-là, puisqu'elle date de mi-2006, de "konbini" pour les vieux, sachant que la population nippone vieillit à vitesse grand V.

Les rayons y sont aménagés pour éviter à mami de se baisser ou d'avoir à tendre dangereusement les bras; les étiquettes y sont plus lisibles; les rations alimentaires adaptées au petit appétit des vieux, et les produits ciblés "senior" plus nombreux. On y trouve aussi des zones de repos avec fauteuils de massage, des chariots (les tarditionnels "konbini" en sont dépourvus). Enfin, les achats peuvent être livrés à domicile.


La chaîne Lawson a ainsi annoncé fin juin 2006 qu'elle avait l'intention de convertir 20% de son parc de magasins en "senior muke konbini" (supérettes spéciales pour vieux), aménagés pour les 50 ans et plus. Le Japon compte en effet 21% de plus de 65 ans, contre seulement 13% de moins de quinze ans, ce qui en fait le pays dont la population est la plus âgée du monde devant l'Italie.



Pour lutter contre ces "konbini", les supermarchés sont obligés de se sophistiquer pour se différencier, et d'ouvrir également 24/24 afin d'offrir un service à temps égal. En effet, selon une enquête réalisée en 2000, 90% des Japonais fréquentent les "konbini" la journée bien sûr, mais aussi entre 23 heures et 5 heures du matin. Bref, pour réellement rivaliser contre les "konbini", il n'y guère d'autre solution que d'ouvrir en nocturne.




C'est tout bénef pour le client qui n'a pas à se soucier du jour ni de l'heure, il trouvera toujours à bouffer, pourvu que son porte-monnaie ne soit pas aussi vide que son frigo.











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"Hello Kitty" continue de faire des petits...

... pour dévaliser les parents et les grands enfants

Publié par K. Poupée le Samedi 1 Juillet 2006, 16:22 dans la rubrique Consommation




Après avoir tant parlé de technologies et d'économie sur ce "blog-podcast" des plus sérieux, on a comme une envie de se divertir un peu, deshou (n'est-ce-pas?)

On glosait il n'y pas si longtemps ici sur les produits dérivés et des "karakuta", mascottes qui génèrent une palanquées d'accessoires, de vêtements, d'appareils et autres articles en tous genres.

On saluait même à cette occasion les trente-deux ans de la doyenne du genre, l'increvable et indémodable "Hello Kitty".
Ce n'est pas que l'on soit fan de Kitty, on préfère Betty Boop, mais on sait d'expérience que de parler de cette bestiole est une manière pas plus bête qu'une autre de rameuter des visiteurs sur ce "blog", donc on ne va pas se priver. Les nouveaux venus découvriront ainsi au passage que le Japon développe des tas d'autres choses et d'idées beaucoup plus malines et plus intéressantes que ladite "Kitty-chan".



On soulignait au passage que Kitty était devenue la "vache à lait" de la firme nippone Sanrio qui l'a créée en 1974.
Eh bien, l'exemple était, pour le moins, plutôt bien choisi. Puisque bien que déjà riche de 50.000 références commercialisées dans quelque 60 pays, "Hello Kitty" continue d'inspirer des créateurs opportunistes du monde entier.
Y a même des chercheurs tout-à-fait sérieux qui se sont penchés sur la question. Pourquoi diable ce personnage suscite-t-il tant d'intérêt? Hein? Pourquoi? Eh bien pour deux raisons majeures. Kitty inspire la douceur, et elle est apatride (autrement dit, sa nationalité ne se devine pas d'emblée, donc elle est universelle). A méditer.


Bref, tout cela simplement pour expliquer que Kitty continue de faire des petits.


Figurez-vous en effet qu'en l'espace de deux semaines, nous eûmes droit à l'annonce en fanfare au Japon de pas moins de quatre nouvelles gammes de produits estampillés "Hello Kitty". Et encore, en a-t-on assurément raté, car on ne peut pas être sur tous les fronts.




Premier nouveau produit portant la tête du "châton rose bonbon" annoncé pour bientôt sur les étals, on sent que ça va vous plaire: il s'agit d'un baladeur audionumérique à mémoire flash directement mis en vente par Sanrio.



Cet objet est disponible à compter du 7 juillet 2006. Il pèse 26 grammes, dans un format de 56×35×20 mm, se connecte à un ordinateur sous Windows par port USB 2.0 et dispose d'une capacité de 256 Mo.
Ce baladeur de gamine coûte un peu moins de 100 euros. A ce prix là, on paye assurément le design plus que l'innovation technique.
Dans la même veine, sachez que Toshiba a également sorti une série de baladeurs Gigabeat reprenant les figures emblématiques d'un dessin animé pour adulte, "Nana" qui fait un carton au Japon.




Deuxièmes nouveaux produits: des pansements étanches vendus dans les meilleures pharmacies, portant eux aussi le visage de Kitty. A noter qu'il existe également des variantes avec, entre autres, le tout aussi célèbre mais beaucoup moins sexy Super Mario. Prix de la boîte de 20 pansements, 399 yens, soit environ 2,75 euros.



Troisième nouveauté, sur laquelle on ne s'attardera guère, vu son peu d'intérêt à nos yeux, une poupée "Hello Kitty" en porcelaine vêtue d'une robe d'apparat, signée Irish Dresden, une firme d'origine allemande, paraît-il réputée, car riche d'une longue histoire.
L'objet ne sera disponible qu'au Japon en série limitée à 2.000 pièces. Les réservations peuvent être effectuées sur l'archipel les 20 juillet, 20 août et 20 septembre dans seulement trois boutiques (un jour dans chaque) et la poupée ne sera livrée qu'en novembre, décembre ou février selon la date et le lieu de commande. Prix: 49.900 yens, soit plus de 300 euros au cours actuel pour une figurine de 15cm d'aucune utilité mais sur laquelle les Japonais vont sans nul doute se précipiter.




Quatrième et dernier objet enfin pour clore la série, une guitare électrique noire et rose Fender, qui sera disponible en un seul exemplaire pour la modique somme de 2.520.000 yens (17.250 euros environ, gloups).
Elle y sera exposée du 25 au 31 juillet 2006 dans le chic grand magasin Mitsukoshi du quartier de Nihonbashi au centre de Tokyo. . Deux instruments du même type ont déjà été commercialisés aux Etats-Unis, mais sa vente au Japon constitue une première, et même l'unique occasion d'en acquérir une en terre nippone. Avis aux amateurs fortunés.






Pour les moins riches, on aura l'amabilité de signaler qu'il existe des modèles plus modestes, donc beaucoup moins chers, certes pas des collectors, dans les magasins spécialisés dans les guitares du quartier de la musique, Ochanomizu à Tokyo.

Le génial compositeur dont les sublimes musiques accompagnent ce blog audio,
Hugues Le Bars
, en possède d'ailleurs une.


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