Conseil de lecture
Pour mieux comprendre le soi-disant miracle japonais

Mythique METI ou MITI ! Et si l'économie n'était que la guerre continuée par d'autres moyens? En devenant le Ministry of Economy, Trade and Industry, l'ancien Ministry of International Trade and Industry n'a pas dérogé à la mission qui lui avait été fixée en 1949 : faire en sorte que le Japon redevienne une puissance mondiale en gagnant la bataille du Marché.
Articulant l'industrie et la recherche, l'usine et l'université, le négoce et la communication, encadrant les multinationales comme les petits commerces, élaborant dus stratégies communes à la fonction publique et à la classe politique, au patronat et aux syndicats, assurant une veille sur les marchés étrangers et les nouvelles technologies, surveillant les échanges extérieurs et intérieurs, favorisant le développement des technopôles, cet organisme tient lieu de chef d'orchestre de la croissance japonaise.
Par quel paradoxe une telle planification libérale explique-t-elle le " miracle japonais " ? Cette étude sans précédent, qui est une brève histoire du Miracle économique japonais depuis la guerre, réunit les meilleurs spécialistes de la question et en donne ici toutes les clés. La science et la technologie (ou plutôt comme le disent les Japonais " la sciencetechnologie " en un seul mot tant les deux sont indissociables pour eux) sont au cœur de cette bataille des neurones.
Un livre d'une actualité aiguë.
Vos commentaires sont bien sûr les bienvenus.
Bonne lecture.
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Japon: la transmission corporelle
un vrai réseau sans fil personnel
« Je veux que les Nippons soient inséparables de leur téléphone portable », déclara il y a quelques mois à l'auteur de ces lignes le gourou japonais des télécommunications mobiles, Takeshi Natsuno, lequel sévit depuis des années chez le numéro un local du secteur, NTT DoCoMo. Ce jour-là, où le mobile deviendra réellement vital, sinon à l'homo-sapiens du moins à ses représentants vivant sur l'Archipel, approche à grands pas. C'est que ledit NTT DoCoMo a dans ses laboratoires de Yokosuka une technologie étonnante (effrayante ?) pour rendre le Nippo-sapiens encore plus dépendant qu'il ne l'est déjà de son sacro-saint « keitai » (mobile), et réciproquement.
NTT DoCoMo a en effet conçu un prototype de téléphone qui, pour dialoguer avec son environnement direct, se passe allègrement de Bluetooth et de toute autre technologie de communication sans fil de proximité actuelle. Ce terminal inédit emploie un mode de conversation avec les objets alentours baptisé en japonais « jintai tsushin », ce qui en bon français se traduit par « télécommunications par le corps humain ». Avec ce téléphone unique (brièvement évoqué dans le reportage sur le salon Ceatec 2007), quand le chercheur Yuji Nakayama quitte son bureau, une voix synthétique le salue par son nom. Elle le reconnaît. Lorsqu'il s'engouffre dans le métro, il peut passer le portique sans ticket, sans sortir ses mains de ses poches mais sans pour autant truander : il est automatiquement authentifié.
Même chose lorsqu'il arrive à l'entrée de son immeuble : le sas s'ouvre et un message retentit: « bienvenue à la maison Nakayama-san. Vous avez du courrier ». Et ce dernier de se contenter alors de poser un doigt sur la poignée de la boîte à lettres pour qu'elle s'ouvre : elle l'identifie, au toucher. M. Nakayama n'a pas non plus à fouiller au fond de sa poche pour en extirper les clés de son appartement : la porte d'entrée se déverrouille lorsqu'il la frôle de sa main.
Dans l'univers expérimental du cobaye volontaire Nakayama, tout se fait ainsi, comme par enchantement, grâce à son téléphone mobile qui lui sert de sésame, à condition qu'il l'ait sur lui en permanence. Si tel n'est pas le cas, le téléphone, chagriné, se bloque! Le prototype de terminal de M. Nakayama, qui a certes encore un côté « bricolo », utilise le corps comme mode de locomotion pour transmettre des données à des capteurs au sol, aux poignées, aux portiques de métro et autres objets.
Ainsi, lorsque M. Nakayama marche sur le pas de porte de son immeuble, un signal d'identification part de son téléphone mobile, transite par son buste, ses jambes, ses pieds et traverse ses semelles pour atteindre un récepteur au sol qui lui-même est raccordé au système de sécurité gérant l'accès des résidents. Le principe consiste à s'employer la conductivité naturelle du corps pour véhiculer des informations. Cette technologie, sur laquelle travaille depuis plusieurs années NTT DoCoMo dans le sillage de sa maison-mère NTT, ainsi que son rival KDDI ou encore le groupe d'électronique Matsushita, ouvre la voie à une foultitude d'applications inédites. Intégrée dans un téléphone portable, elle est censée faciliter la vie du mobinaute dans ses actes quotidiens. Exemples : deux personnes équipées d'un tel mobile pourront se transmettre leurs coordonnées et d'autres informations contenues dans leurs terminaux simplement en se serrant la main. Finies les traditionnelles courbettes accompagnant les échanges protocolaires de cartes de visite en papier, obligatoires au Japon, à chaque nouvelle rencontre.
De même, suffira-t-il de poser sa main sur une caisse enregistreuse dans un commerce pour payer, sans authentification biométrique, simplement en ayant sur soi son mobile faisant office de carte de crédit ou de porte-monnaie électronique. Un aveugle pourra être guidé vocalement par son terminal cellulaire à synthèse vocale en recevant des informations depuis le sol par des étiquettes électroniques, via sa canne blanche et sa main, sans utiliser la localisation par satellite GPS ni le réseau cellulaire. Le siège, le volant et autres éléments configurables des voitures s'ajusteront automatiquement dès que le conducteur sera assis, le véhicule le reconnaissant grâce à son téléphone qui communiquera directement avec le siège via le corps humain, à travers les vêtements. Un ordinateur n'exigera plus de mot de passe, il se connectera automatiquement à un réseau lorsque l'utilisateur le touchera, à condition qu'il fasse partie des individus autorisés. On peut imaginer bien d'autres utilisations encore.
Pour le moment, les débits du prototype actuel NTT DoCoMo sont relativement faibles, mais cela n'est pas une limite car les chercheurs ont déjà démontré que la technologie « jintai tsushin » permet d'atteindre des performances nettement supérieures à Bluetooth. Selon KDDI, il est en effet en théorie possible d'avoisiner les 17 mégabits par seconde (Mbit/s). Une vitesse de transfert de plusieurs mégabits par seconde est déjà à portée de main, dans un centre de démonstration dudit KDDI. Ce qui signifie qu'il sera à moyen terme possible par exemple d'écouter de la musique en ayant un casque sur les oreilles et le téléphone/baladeur dans la poche, sans aucun fil entre les deux, ou bien de regarder des vidéos avec des lunettes/écran, juste en utilisant le corps comme mode de transmission.
Lorsque les premiers tests ont été effectués il y a déjà plusieurs années par NTT, l'une des difficultés majeures résidait dans la possibilité d'obtenir des débits relativement élevés tout en miniaturisant le capteur/émetteur de signaux. Matsushita avait déjà à l'époque de son côté créé des tout-petits produits, mais leurs performances étaient insuffisantes pour les employer à d'autres fins que la transmission de quelques kilobits. Leurs applications étaient de facto restées cantonnées à quelques usages professionnels dans le secteur de la grande distribution. Ce problème a été en partie réglé récemment par une toute petite société nippone, inconnue du grand public, qui est parvenue à produire un composant de la taille d'un timbre-poste, celui-là même que NTT DoCoMo a plaqué au dos de son prototype. Du coup, les choses se sont accélérées ces derniers mois et le premier opérateur nippon, pionnier du secteur des télécoms mobiles depuis le départ, pense être en mesure de lancer des terminaux dotés de cette technologie de télécommunications sans fil de proximité dans un peu plus d'un an environ.
NTT DoCoMo envisage d'utiliser la transmission corporelle d'abord pour des fonctions de sécurité, avant de l'employer pour des services commerciaux. Ainsi prévoit-il de vendre dans un premier temps des terminaux qui se bloqueront automatiquement lorsque l'utilisateur s'en séparera. Pour cela, il faudra avoir sur soi une sorte de clef électronique (dans une poche, pendue au coup, sous forme de bracelet) qui communiquera avec le mobile via le corps. Si cet élément et le téléphone ne sont plus en contact, donc si l'un ou l'autre est éloigné du corps du porteur, le téléphone se verrouillera instantanément. Cette application assez banale (mais néanmoins fort utile) ne sera que la première étape, destinée à familiariser les clients avec cette technologie, tout en les rassurant. Il sera plus aisé ensuite de leur proposer divers autres modes d'usage potentiellement générateurs de revenus supplémentaires, le nerf de la guerre.
Faire transiter des données entre l'environnement immédiat et le mobile, sans faire appel de façon irrationnelle au réseau cellulaire pour des applications locales, permettra en outre d'alléger la charge de données transitant par les circuits cellulaires et donc d'améliorer la qualité de service globale. La technique mise en oeuvre a aussi pour avantage d'être peu gourmande en énergie. Elle ne nécessite en outre pas de jumelage initial, contrairement aux techniques hertziennes comme Bluetooth ou Wi-Fi.
Mais, au fait, le corps, qui, à l'origine, n'est pas prévu pour ce genre de fonctions, ne risque-t-il pas d'être endommagé au passage des données? Cette légitime question n'est pas négligée par les chercheurs. Ces derniers effectuent des tests en laboratoires avec une espèce de pâte spéciale qui a les mêmes propriétés physiologiques que le corps humain, afin de mesurer les effets potentiels. Pour le moment, le signal étant très faible, aucune dégradation quelconque n'a été détectée. D'autres équipes, indépendantes, se penchent aussi sur le sujet, et n'ont à ce jour pas tiré la sonnette d'alarme. Qui vivra verra...
En attendant, NTT DoCoMo va s'acheter une bonne conscience en lançant sur le marché très prochainement un autre mobile, spécial « bien-être ». Ce modèle, développé avec Mitsubishi Electric, veillera sur la condition physique de son propriétaire en comptant les pas effectués chaque jour et mesurant divers paramètres physiologiques (pouls, taux de graisse, haleine) pour jouer le conseiller santé.
Les chercheurs de NTT DoCoMo prévoient aussi de recharger la batterie des mobiles... en utilisant les mouvements du corps comme "turbines". Tant qu'à marcher et dépenser de l'énergie, autant que ça profite.
Les "geo trouve tout" de DoCoMo ne sont d'ailleurs pas les seuls à juger que l'humain a une fâcheuse tendance à brasser beaucoup d'air et à faire les cent pas en pure perte énergétique, fût-ce pour se délester de quelques kilogrammes superflus. L'organisation publique sur les nouvelles énergies et dispositifs industriels japonaise a elle aussi prévu d'utiliser l'activité humaine comme ressource naturelle bon marché.
Elle a ainsi testé dans une des gares les plus fréquentées de Tokyo des tapis électrogènes placés à la sortie. Ces derniers génèrent des kilowatts en utilisant la force exercée par les centaines de milliers de personnes qui les piétinent chaque jour !
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Un petit tour au Ceatec 2007...
... moisson d'innovations
Vingt minutes à vélo, une demi-heure de train depuis la gare centrale de Tokyo, un kilomètre à pied jusqu'à Makuhari Messe, enregistrement, dix minutes de marche vers les halls, il faut du temps, mais nous y sommes. Bienvenue au milieu des gigantesques stands de Sony, Sharp, Matsushita (Panasonic), Toshiba, KDDI, NTT DoCoMo, Pioneer, Hitachi et consorts, au Ceatec 2007, le plus grand salon annuel de l'électronique japonais (matériels et composants), à Chiba, en banlieue de Tokyo, où environ 200.000 visiteurs étaient attendus en cinq jours.
Cette année, près de 900 entreprises et organisations participent à la huitème édition de cet événement de grande importance au Japon, à quelques semaines des fêtes de fin d'année. Dans les vastes espaces réservés aux mastodontes des appareils audiovisuels grand public, les vedettes sont bien entendu les télévisions à écran plat de plus en plus grandes, de plus en plus performantes, grâce à des technologies inédites, et surtout cette année, de plus en plus minces.
Le premier téléviseur du monde à écran organique électroluminescent (OEL) signé Sony bat tous les records de minceur: 3 millimètres. C'est cinquante fois moins que la plupart des actuels téléviseurs à écran à cristaux liquides (LCD), lesquels sont déjà quatre fois moins épais que les postes à tube cathodique, à taille d'écran égale. Sony est parvenu à un tel amincissement car la technologie OEL (aussi appelée OLED) ne requiert pas de rétroéclairage, contrairement aux systèmes d'affichage à plasma ou LCD.
Les matériaux électroluminescents dont est constituée une dalle d'écran OEL s'illuminent au passage d'un courant électrique, pour restituer une image avec un contraste inégalé. Sony est le premier fabriquant au monde à employer cette technologie organique pour un téléviseur. Il a tenu la promesse faite en mai de commercialiser une TV OEL sur l'Archipel avant Noël. Certes, le modèle initial, noir laqué, fluet, qui sera effectivement vendu au Japon à partir du 1er décembre, n'est pas grand (28 centimètres de diagonale), mais le groupe nippon a déjà dans ses laboratoires un prototype de 27 pouces (70 centimètres) également présenté au Ceatec 2007.
Sony a selon un ingénieur du groupe conçu un procédé qui permet de produire des dalles OEL sans bouleverser radicalement les méthodes employées pour des modèles LCD, ce qui permet d'envisager des progrés rapides. Le groupe dit toutefois ignorer à quelle échéance il sera en mesure de proposer des téléviseurs OEL de plus de 20 pouces, taille minimale pour une TV de salon digne de ce nom. Les coûts de production des écrans organiques restent en effet élevés, et divers obstacles techniques (durée de vie notamment) doivent encore être levés avant que les TV OEL puissent rivaliser en termes de surface et de prix avec les plasma ou LCD.
Il n'empêche : l'arrivée de la première télé OEL de Sony, avec son design futuriste, a contraint les cadors nippons des LCD que sont Sharp, Hitachi ou JVC à mettre les bouchées doubles pour exposer sur leurs stands des prototypes de grands téléviseurs haute-définition les plus fins et les plus bluffants possibles.
Sharp est parvenu à créer une jolie mise en scène avec plusieurs spécimens d'environ 50 pouces de diagonale dont l'épaisseur, deux centimètres, équivaut à un cinquième de celle de ses modèles LCD les plus sophistiqués. Le groupe, pionnier du LCD, espère lancer sur le marché des téléviseurs proches de ces étonnants prototypes enrichis de diverses ruses techniques aux alentours de 2009-2010, après la mise en route d'une nouvelle usine géante de dalles-mères LCD au Japon, dont il ne se prive pas de vanter les prouesses futures à chaque occasion.
Le groupe rêve à long terme de « couvrir les murs d'appartements d'écrans aussi grands que des baies vitrées, pour diffuser simultanément les images provenant de diverses sources vidéo en fonction des heures de la journée et de l'humeur des propriétaires ». Hitachi a également dévoilé au Ceatec trois modèles de téléviseur en cours de développement, d'une diagonale de 82 centimètres et dont l'épaisseur est inférieure à deux centimètres. Le géant touche-à-tout ne sait pas non plus quand ces TV arriveront sur les étals, mais il prévoit d'ores et déjà de commercialiser dans les tout prochains mois un modèle d'une épaisseur de 3,5 cm. JVC est également dans la course avec un exemplaire à peine plus profond (3,7 cm) qui sera en vente en 2008.
Les Nippons rivalisent en outre de technologies pour améliorer la fluidité, la netteté, le contraste, la définition ou la palette de couleurs des images. Sharp a de nouveau présenté au Ceatec un écran LCD de démonstration qui restitue la vidéo super haute-définition (suite d'images de 8 millions de points, au lieu de 2 millions en haute-définition actuelle).
Tous s'ingénient aussi à réduire la consommation électrique des téléviseurs et leur impact environnemental en employant des matériaux recyclables et des processus de production moins polluants. JVC a également profité du salon pour présenter un prototype de téléviseur qui se pilote intégralement à distance en gesticulant et en tapant des mains.
Deux frappes, la TV s'allume, trois elle s'éteint. Des signes de la main, elle change de chaîne, affiche un menu, augmente le volume: le prototype de TV à commandes gestuelles et sonores de JVC se contrôle entièrement sans appuyer sur un seul bouton. JVC a équipé son poste d'une caméra et d'un micro qui captent à distance les gestes et sons émis par le spectateur, lequel doit au préalable avoir appris un code gestuel simple pour "parler" à son poste.
Il suffit ainsi de balader sa main dans l'espace, en face de la caméra pour naviguer dans le menu à l'écran (comme on ferait avec une souris sur un tapis devant un ordinateur) et de sélectionner en repliant brièvement ses doigts (comme un clic). La chaîne publique japonaise NHK ainsi que d'autres constructeurs comme Hitachi imaginent également des modes de télécommande dématérialisés par reconnaissance vocale et analyse sémantique.
« En raison du vieillissement de la population, il est nécessaire de concevoir des techniques simples qui permettent aux personnes âgées de continuer à utiliser des appareils high-tech », justifie le chercheur de JVC. Naruhodo (évidemment!).
Outre une nouvelle série de mignons Walkman audio-vidéo avec récepteur de télévision mobile terrestre, Sony a vanté au Ceatec son système de transmission qui permet de regarder la télévision en haute définition (HD) depuis n'importe quel poste dans une même maison, sans avoir besoin d'acheter pour cela plusieurs tuners satellite ou lecteurs vidéo.
Le dispositif diffuse, sans fil, des signaux vidéo en vraie haute-définition depuis une borne émettrice raccordée à un téléviseur principal et aux diverses sources vidéo HD (par exemple, dans la salle de séjour), vers un récepteur branché à un poste secondaire (par exemple, dans une chambre). Une télécommande associée au boîtier de réception permet de commander à distance les équipements reliés au boîtier émetteur, comme s'ils étaient à côté, alors même qu'ils sont dans une autre pièce.
C'est le premier système au monde qui permet de transmettre sans fil des signaux réellement en haute-définition, assure Sony. Les vidéos sont encodées selon la norme de compression MPeg-4 AVC et transmises en mode hertzien dans les bandes de fréquences à micro-ondes (2,4 et 5 Gigahertz) selon le standard Wi-Fi. Il est également possible, en ajoutant un boîtier connecté à internet (routeur "Location free"), de profiter en qualité standard des émissions de TV et du contenu d'un enregistreur domestique depuis l'extérieur, y compris depuis l'étranger, à partir d'un ordinateur ou d'une console de jeu portable via internet. L'ensemble comprenant les boîtiers émetteur et récepteur ainsi que la télécommande associée sera disponible en décembre au Japon à un prix non communiqué.
La HD c'est bien mais la HD interactive en 3D, c'est encore mieux, du moins si l'on en croit le deuxième opérateur de télécommunications nippon, KDDI. Ce dernier a en effet conçu une technologie interactive de vidéo en relief qui permet de se balader dans des séquences filmées avec une sensation proche d'un déplacement dans un espace réel.
Lunettes spéciales sur le nez et manette de commandes à la main, le spectateur peut littéralement tourner autour de chaque élément d'une scène vidéo sous tous les angles d'un même plan horizontal. Exactement comme s'il disposait de dizaines caméras. Grâce aux lunettes, les éléments s'affichent en outre dans différents plans en profondeur, donnant une sensation de relief étonnante, comme s'ils sortaient de l'écran pour se placer devant le spectateur.
KDDI assure avoir imaginé une technique totalement nouvelle par rapport à celles employées pour les scènes en trois dimensions (3D) des jeux vidéo ou autres séquences animées multi-angles. Son système s'appuie sur l'extrapolation, par le calcul d'images qui n'ont pas été filmées. Si bien qu'en employant quinze paires de caméras pour capter la scène en vision stéréo (relief), c'est comme s'il y avait en réalité quatre fois plus de caméras, d'où la fluidité surprenante des images.
KDDI prévoit d'employer à l'avenir cette technique pour les retransmissions d'événements sportifs, donnant ainsi la possibilité au téléspectateur de se rapprocher des joueurs, de regarder les actions sous tous les angles, d'être au milieu de la mêlée ou d'observer le jeu depuis n'importe quel point de vue, sur le terrain ou depuis n'importe quel siège des tribunes, à tout moment. L'opérateur espère pouvoir proposer en ligne des vidéos interactives multi-angles d'ici environ cinq ans, et ajouter la vision en relief d'ici une dizaine d'années.
Puisqu'on parle de navigation en images, continuons. Le groupe d'électronique nippon Pioneer a en effet pour sa part développé une technique de radionavigation automobile qui guide le conducteur en utilisant la reconnaissance de points de repère dans des images vidéo. Une caméra frontale montée sur le véhicule filme ce que le conducteur voit. Cette image s'affiche sur l'écran du terminal de bord et les indications se superposent dessus montrant précisément au conducteur où il doit aller. Pioneer a conçu ce système « par souci de commodité », car les utilisateurs d'appareils de guidage et localisation par satellite (GPS) ont parfois du mal à faire le rapprochement entre la scène réelle qu'ils ont sous les yeux et le plan affiché sur l'écran. Le dispositif de Pioneer fait lui-même ce travail.
Le système se repère comme l'humain, d'une part grâce aux coordonnées GPS du véhicule, et d'autre part grâce aux enseignes des boutiques, aux feux rouges et autres signalétiques qui lui permettent d'affiner la localisation et de donner les bonnes indications au conducteur.
Ceux qui ne conduisent pas et préfèrent le train peuvent aussi dormir sur leurs deux oreilles, les compagnies ferroviaires pensent à eux. JR East, qui gère un immense réseau dans Tokyo et sa région, prévoit en effet d'installer des bornes d'informations personnalisées dans ses trains pour leur faciliter la vie. En grimpant dans un wagon, les personnes munies d'un téléphone portable à puce sans contact n'auront qu'à effleurer un lecteur dédié pour obtenir illico la liste des stations desservies, l'heure d'arrivée et les informations sur les éventuels incidents. Les usagers pourront aussi avoir une image du taux d'occupation de chaque wagon, pour aller dans le moins peuplé. Le système récupère cette information en temps réel, en fonction de la masse de chaque voiture, laquelle est d'autant plus importante qu'il y a de passagers.
Une fonction réveil est également prévue pour alerter les individus endormis juste avant l'arrivée à leur station (eh oui, les trains et métros de Tokyo sont si sûrs qu'on peut tranquillement sombrer dans les bras de Morphée sans craindre de se faire détrousser). Pour ne pas rater son point d'arrivée, le passager n'a qu'à cliquer sur la fonction alarme à côté du nom de la bonne station sur la liste affichée sur l'écran de son mobile pour être réveillé par son téléphone à point nommé. Cela va sans dire, mais ça va mieux en le précisant, pour rentabiliser le système, JR East va en plus distiller au milieu des informations des publicités ciblées en fonction de la personne, des jours, des horaires, de la ligne empruntée et des stations desservies.
Dans la même veine, la groupe d'électronique japonais Mitsubishi Electric a imaginé un système destiné aux restaurants et autres commerces, qui permet de différencier les femmes et les hommes, et d'afficher sur un écran d'accueil des publicités ciblées. Lorsque des clients se présentent à l'entrée d'un restaurant, une caméra associée à un système d'analyse repère le nombre de personnes et leur sexe. En fonction de ces informations, des messages publicitaires particuliers défilent sur un écran vidéo placé face aux individus. A l'avenir, les ingénieurs de Mitsubishi Electric souhaitent perfectionner leurs arsenal technologique pour permettre, par exemple, à un bar de reconnaître d'emblée ses habitués et leur offrir des prestations personnalisées, quel que soit le personnel de service. Dans ce cas, le dispositif devra s'appuyer sur des critères d'authentification pré-enregistrés dans une base de données et nécessitera l'accord préalable des clients, ce qui, au Japon, n'est généralement pas problématique. A suivre.
L'avant-gardiste opérateur de télécommunications cellulaires japonais, NTT DoCoMo, qui vient de fêter son 40 millionième abonné à son service de troisième génération (soit 80% de ses clients), était également de la partie. Parmi les diverses technologies alignées sur son stand, on remarquait notamment un prototype de téléphone muni de touches actives à marquage sur papier électronique, qui peuvent changer automatiquement de nature en fonction des applications.
Le clavier passe ainsi en un rien de temps d'un pavé numérique à un mode de saisie en japonais ou en caractères alphabétiques. A vrai dire, NTT DoCoMo a surtout séduit l'assemblée avec la présentation d'une innovation qu'il devrait lancer dans quelques mois: des téléphones capables d'échanger des informations en utilisant le corps humain comme moyen de locomotion des données, une technologie insensée que nous vous expliquerons ici en détail très prochainement... patience!
C'est tout pour cette fois. Le reste, on le garde pour plus tard, non sans mentionner au passage que le Ceatec est aussi, voire surtout, une occasion, pour la myriade de PME innovantes japonaises de l'électronique, de présenter aux géants du secteurs, leurs principaux clients, les pépites technologiques dont elles seules détiennent le secret.
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Le pavillon nippon de 2010...
... visitez-le en avant première
Bien sûr, tout le monde ne loge pas dans ce genre de résidence, mais il n'est pas pour autant nécessaire d'être richissime pour y emménager. A noter en outre (pour faire une petite mise au point), que plus 90% des foyers japonais ont une climatisation, que près des deux tiers des 48 millions de foyers nippons sont abonnés à un service d'accès à haut-débit par ADSL, câble ou fibre optique (FTTH) et que 95% de l'ensemble est dans une zone couverte par au moins l'une de ces technologies. En 2010, 30 millions de maisonnées devraient avoir souscrit un abonnement par fibre (FTTH), en plus des millions d'autres se contentant du câble ou de l'ADSL. Par ailleurs, la taille moyenne de l'ensemble des foyers ne cesse d'augmenter et leur équipement d'origine de se sophistiquer.
On peut même avoir un petit avant-goût du futur en allant visiter la "maison-témoin" japonaise de 2010 à une vingtaine de minutes du centre de Tokyo, par métro aérien automatique. A première vue, cette bâtisse n'a rien de surprenant, ressemblant à un coquet pavillon comme tant d'autres, discret et sobrement décoré. Toutefois, de la chambre à coucher aux toilettes, ce petit chez soi est un véritable repaire high-tech.
On n'y entre pas comme dans un moulin. Un système de fermeture électronique associé à un dispositif biométrique contrôle la porte principale. Au lieu de chercher sa clé au fin fond de sa poche ou de son sac à main, l'habitant des lieux ne peut franchir le seuil qu'une fois l'iris de son oeil dûment authentifié. C'est pratique lorsque l'on arrive les bras chargés de sacs de courses, dixit une Japonaise. Une fois à l'intérieur, prière d'enlever ses chaussures, comme dans tout logis japonais.
Cette maison un brin futuriste appartient au géant de l'électronique nippon, Matsushita, plus connu en Europe pour sa marque Panasonic. Elle est bourrée du sol au plafond, de la cave au grenier, de dispositifs en cours de développement ou déjà commercialisée par l'une ou l'autre des innombrables filiales de ce groupe tentaculaire. Elle se targue d'être à la fois ultra-moderne, confortable, archisûre et très respectueuse de l'environnement.
Elle sera d'abord, paraît-il, facile à vivre du fait de son luxe d'appareils intelligents et de son "design universel", c'est-à-dire adapté à tous, vieillards, enfants et handicapés compris, grâce à de larges couloirs pour les fauteuils roulants, à un ascenseur privé ou encore à des barres de soutien un peu partout. C'est qu'en 2010, près d'un Japonais sur quatre aura plus de 65 ans. Ils sont déjà un sur cinq à avoir dépassé cet âge.
Dans la cuisine, les rayons des placards en hauteur sont montés sur des pantographes permettant aux personnes de petite taille de sortir la vaisselle et les victuailles sans avoir à grimper sur un tabouret à leurs risques et périls. Des marches amovibles automatiques sont installées devant les éviers, plans de travail et lavabos pour hisser les enfants à bonne hauteur et leur permettre d'aider maman à éplucher les légumes en étant à bon niveau. Le lave-vaisselle dégraisse sans ingurgiter des litres d'eau ou de détergeant. Le réfrigérateur devrait lire les étiquettes radiofréquences (RFID) qui remplaceront les codes barres sur les produits du commerce, pour réguler le froid en fonction du nombre et du type de produits emmagasinés, et signaler automatiquement le dépassement des dates de péremption. Ces mêmes étiquettes servent à programmer le four à courant de vapeur pour les néophytes en cuisine pas très doués pour les temps de cuisson. L'autocuiseur à riz donne les instructions en parlant, pour faciliter l'emploi par les enfants.
Dans le salon, un gigantesque écran plasma de 103 pouces de diagonale (2,62 mètres) tient lieu de "fenêtre" sur le monde. Il se pilote par le biais d'une télécommande multiusages en forme d'hexagone tactile. L'écran permet de visionner les vues prises par le circuit de vidéosurveillance interne, d'établir des visioconférences à quatre avec des membres de la famille ou des amis via une connexion à internet à très haut débit. Les correspondants communiquent par terminal fixe ou mobile. L'affichage peut être découpé en plusieurs fenêtres : programmes de TV, images des caméras alentours, pages Web, e-mail et autres sources. Il est aussi possible de suivre les rejetons sur le chemin de l'école par le biais de photos reçues automatiquement au passage d'étapes prédéfinies (gare, carrefour, etc.).
Pour les services textuels (pages internet, e-mails, guides électroniques de programmes TV…), la taille des caractères s'ajuste automatiquement en fonction des choix de la personne présente devant l'écran, laquelle est reconnue instantanément lorsqu'elle pose son téléphone portable, muni d'une puce d'identification sans contact (RFID), sur la table du salon. Un récepteur d'alerte anticipée des séismes viendra sans nul doute compléter le tout, puisque ce genre d'appareil sera disponible pour les particuliers dès le 1er octobre prochain.
Internet est présent partout grâce aux technologies sans fil et aux adaptateurs de courant porteur en ligne (CPL), système qui utilise le circuit électrique comme véhicule de données. A l'étage se trouve un "home-cinéma" avec isolation phonique de studio professionnel, système audionumérique 7.1 (sept enceintes et un caisson de basses), projecteur haute-définition et lecteur de DVD de nouvelle génération Blu-Ray. Il suffit d'une pression sur un bouton pour activer des configurations prédéfinies. Les lumières s'éteignent progressivement, l'écran descend du plafond, les rideaux se ferment. Les équipements sont à portée de main, dans un meuble spécial, et non à l'autre bout de la pièce, de sorte qu'on peut changer de DVD sans lever ses fesses du fauteuil. A côté de cette salle de cinéma personnelle, est installé l'antre du chef de famille: une pièce de télé-travail, équipée d'un système de visioconférence avec partage de documents sur un réseau sécurisé par carte à puce sans contact.
Un bouton rouge clignote à l'entrée ? Impossible d'entrer sans authentification via le téléphone portable. Matsushita a déjà mis en place depuis quelques mois un programme pour permettre à 30.000 de ses salariés au Japon de travailler partiellement de chez eux afin de mieux conjuguer leurs vies professionnelle et privée. Le télé-travail est fortement encouragé par le gouvernement, alors que les femmes japonaises, de plus en plus nombreuses à travailler, font de moins en moins d'enfants et que la population vieillit très rapidement.
Grâce au dispositif imaginé pour les années à venir, même enfermé dans son bureau à domicile, monsieur pourra mieux participer aux tâches domestiques. Lorsque les enfants rentreront de l'école, leur image viendra s'afficher sur l'écran, signalant au télé-travailleur qu'il doit mettre un terme à sa réunion d'affaires, tomber la veste et desserrer sa cravate pour enfiler son tablier de papa-poule.
Les chambres de la maison Matsushita sont aussi pleines d'électronique et de capteurs : outre un téléviseur plasma et un ensemble hi-fi, celle des parents est dotée d'un système "dormez bien", avec lit articulé télécommandable, luminaire spécifique, ambiance sonore et olfactive au moment de s'endormir et de se réveiller et système d'analyse de la qualité du sommeil. Le matin en ouvrant les yeux on peut lire le diagnostic révélé sur l'écran plasma. En cas d'inquiétudes, il est possible de pousser plus loin les examens. Les données peuvent aussi être étudiées par des médecins d'un service de télémédecine sur abonnement (cela existe d'ailleurs déjà). Les toilettes, sont à l'avenant. En plus des classiques sièges chauffants avec jets d'eau chaude multidirectionnels, pèse-personne, déodorant, et toutes une batteries de fonctions, ces WC sont auto-nettoyants et presque totalement automatisés, de sorte que l'utilisateur n'a pas à toucher le rabat avec ses mains ni à appuyer sur des boutons, par souci d'hygiène. La salle de bain est, entre autres, équipée une douche vivifiante et massante, d'une baignoire à bulles et eau parfumée, avec TV et écran de commandes tactile, et d'éclairages spéciaux pour le maquillage.
Un coin spécial sport est aussi prévu avec un ensemble de machines de gymnastique, comme les fameux simulateurs de cheval dont Matsushita a fait sa spécialité. Ils font face à un écran sur lequel est diffusé un programme spécial d'entraînement configurable, servant de coach personnel disponible 24 heures sur 24 et increvable.
Par ailleurs, comme une proportion grandissante de familles nippones risquent de devoir héberger l'un de leurs ascendants en plus des enfants, une chambre est prévue pour une personne âgée avec système de surveillance discrète (par capteurs sensoriels) et d' un bouton alarme digne d'un hôpital. Les appareils, comme la TV ou les lumières, y sont commandés vocalement. Mamie, nostalgique des tatamis et autres décors traditionnels japonais, bénéficie aussi d'une "washitu", pièce nippone, similaire à celle d'une maison d'autrefois.
Outre le fait que ce pavillon est construit à partir de matériaux écologiques et selon des procédés censés ne pas nuire à la planète, la majeure partie de l'énergie qu'elle consomme est générée localement par un système de batteries à combustible complété par des panneaux solaires. Les rejets polluants sont réduits au minimum. Ce n'est d'ailleurs pas la seule à être électrifié par une centrale de batteries à combustible. La résidence officielle du premier ministre japonais à Tokyo fut la première maison du monde à avoir adopté un tel système de production de courant. On compte aujourd'hui près de 1.300 foyers japonais ainsi équipés dans le cadre d'une expérimentation à grande échelle soutenue par les pouvoirs publics. Environ mille de plus sont prévus d'ici fin mars 2008. Le marché de ces systèmes domestiques après 2010 est estimé par le gouvernement à 550.000 unités par an. Sur les 48 millions de foyers nippons, 26 millions sont des maisons individuelles. Les groupes énergétiques Nippon Oil, Tokyo Gas ou Cosmo, associés aux fabricants de batteries et d'équipements complémentaires comme Sanyo, Toshiba, Matsushita ou le constructeur automobile Toyota, proposent déjà des appareillages domestiques éprouvés. Les premiers fournissent la ressource (gaz de ville, gaz naturel, kérosène) d'où l'on tire le combustible, c'est-à-dire de l'hydrogène. Les seconds ont développé les batteries.
Ces systèmes ne produisent pas de gaz nocif, mais uniquement de l'électricité, de la chaleur et de l'eau (l'hydrogène étant combiné après usage avec l'oxygène de l'air). Ils sont dépourvus de turbine ou de moteur et ne font donc pas de bruit. Les frais énergétiques sont globalement réduits, le surcoût lié à l'approvisionnement en gaz ou kérosène pour générer l'hydrogène requis étant inférieur aux économies réalisées sur l'alimentation secteur. En outre, l'utilisateur est informé chaque jour des quantités d'énergie et d'eau produites et consommées. Reste encore à l'heure actuelle un problème de taille: le coût d'achat et d'installation du système, estimé à 9 millions de yens (67.500 euros). L'objectif est de faire chuter le prix à un million de yens (7.500 euros) d'ici la fin de la décennie, afin de faire réellement décoller le marché, puis à 500.000 yens (3.250 euros) en 2015. Les moyens destinés à faciliter les économies d'énergie au pays du protocole de Kyoto sont d'ailleurs de plus en plus nombreux. Les Nippons se revendiquent mêmes champions du monde en la matière.
La firme Omron a par exemple conçu un ensemble matériel et logiciel baptisé "e-watching" qui permet de mesurer très simplement à distance la consommation énergétique de chaque équipement sans devoir installer une "usine à gaz" et tirer des câbles en tous sens. Pour le moment ce service est réservé aux entreprises, écoles, hôpitaux ou commerces, mais d'ici 2010, il pourrait être étendu aux particuliers, du fait de sa simplicité d'installation et d'utilisation.
De quoi s'agit-il ? D'un dispositif qui couple un système de communication sans fil et des capteurs de diverses natures pour quantifier la consommation électrique, mesurer la température, enregistrer la quantité d'eau ou de gaz utilisée et scruter d'autres paramètres énergétiques. Les capteurs sont par exemple associés au réfrigérateur, au congélateur, à la climatisation ou aux robinets. Ils adressent leurs mesures par liaison radiofréquence (RF) à un petit boîtier situé à quelques dizaines de mètres. Ce dernier intègre un module de télécommunications cellulaires compatible avec le réseau de troisième génération (3G) "Foma" du premier opérateur mobile japonais NTT DoCoMo.
Les informations issues des différents capteurs sont ainsi expédiées régulièrement à un centre serveur distant géré par Omron. Les clients de ce service peuvent à tout moment se connecter à ce serveur, via un accès sécurisé, par PC ou téléphone portable, pour consulter sur une page web spéciale les chiffres et graphiques de leur consommation, ressource par ressource, équipement par équipement, jour par jour, demi-heure par demi-heure. Ils peuvent aussi faire des comparatifs et détecter les gaspillages. Les données sont pour le moment conservées durant un an. Les enfants des écoles équipées trouvent le système ludique et jouent à faire chuter la consommation en faisant la chasse aux lampes allumées et robinets dégoulinant dans les lieux déserts.
Mariage de confort et de sécurité, de tradition et de modernité, de nature et de haute technologie, telle se veut la maison nippone de 2010. Demeure de rêve ? On vous laisse juge. Pas si futuriste ? 2010, mine de rien, c'est dans moins de trois ans.
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Au pays des "jishin"...
... les télécoms sauvent
Dans ce registre, les télécommunications mobiles sont considérées par l'Etat, les entreprises et les citoyens comme un précieux auxiliaire de secours. L'édition 2007 du salon Wireless Japon qui se tenait cette semaine à Tokyo en apportait d'ailleurs une nouvelle illustration.
Lors de cette manifestation, un brin ennuyeuse pour les non-initiés du fait de son contenu de plus en plus technique et de moins en moins grand public, on pouvait découvrir des services et équipements potentiellement utiles aux pires moments, et d'autres plus divertissants réservés aux jours meilleurs.
Le premier opérateur de télécommunications mobiles japonais, NTT DoCoMo, y présentait entre autres un casque de protection équipé d'un module de communication sur réseau de troisième génération (3G), d'un récepteur de localisation par satellite GPS, de plusieurs capteurs de mesures, d'une lampe, d'un micro, d'un panneau solaire d'alimentation et d'une caméra frontale. Cet équipement, porté par un secouriste, lui permet d'adresser automatiquement en temps réel les images de la situation vers un centre de gestion, tout en les commentant et en restant totalement libre de ses mouvements, selon l'entreprise spécialisée Tanizawa, co-développeur du casque. Il est également possible d'envoyer, en parallèle de la transmission en direct, des e-mails accompagnés de séquences vidéo à plusieurs autres destinataires (autorités locales, cellule de crise...). NTT DoCoMo exposait également un vidéophone muni d'un emplacement pour carte 3G.
Son rival, KDDI, mettait quant à lui en avant sur son stand ses différents services de radioguidage sonore et cartographique par GPS sur téléphone mobile, dont un est spécialement conçu pour les situations de désastre. Il permet de rejoindre un lieu en empruntant le chemin le plus sûr, grâce à la localisation en temps réel. Le système fonctionne même si la liaison avec le réseau cellulaire est interrompue car le repérage ne s'effectue dans ce cas que sur la base du signal reçu par satellite GPS, alors que pour les autres services de radioguidage sur mobile, le positionnement des antennes relais est également employé pour des questions techniques (rapidité, disponibilité).
A la demande des services d'urgence, tous les téléphones portables vendus au Japon depuis le 1er avril 2007 sont obligatoirement dotés d'un récepteur GPS afin de localiser la provenance d'un appel même si la personne en détresse ignore où elle se trouve précisément. Les rues des villes japonaises n'ont pas de nom. Environ un tiers des quelque 100 millions de téléphones cellulaires en service au Japon sont déjà pourvus d'un module GPS et la proportion va très vite grimper compte-tenu de la nouvelle législation et de la vitesse de renouvellement des appareils au pays du Soleil-Levant.
Tous les opérateurs mobiles ouvrent par ailleurs un "tableau d'informations", accessible en deux clics, après chaque typhon ou tremblement terre dévastateur. Il permet à chacun de poster rapidement un message court de 100 caractères maximum (type "tout va bien") depuis son mobile à l'attention de proches. Ces derniers peuvent en prendre connaissance depuis n'importe quel mobile ou PC. Il leur suffit pour cela de se connecter au tableau de bord et de lancer une recherche par le numéro de téléphone des personnes dont ils souhaitent avoir des nouvelles. Ce dispositif permet de limiter le trafic sur le réseau. Il est géré indépendamment des autres communications pour rester opérationnel à tout moment. Un service similaire existe en mode vocal accessible depuis n'importe quel téléphone fixe ou mobile en composant le "171".
La télévision numérique terrestre (TNT) mobile était aussi l'une des applications les plus en vue au Wireless Japan. Lancée en avril 2006 au Japon, elle constitue potentiellement un outil bienvenu après une catastrophe, sachant que la chaîne généraliste publique, la NHK, qui a largement participé au développement de ce mode de diffusion hertzien, annonce les séismes dans la minute suivant leur survenue. Réquisitionnée, elle interrompt tous ses programmes pour consacrer durant des heures l'intégralité de son antenne au suivi de l'événement lorsqu'il s'agit un puissant tremblement de terre. Les futurs terminaux/TV mobiles devraient en outre être équipés d'une fonction d'allumage automatique lorsque la NHK fait état d'un séisme à proximité du lieu où se trouve l'utilisateur, à l'instar de certains postes de télévision et de radio.
Le prototype de téléphone à batterie à combustible à utilisation directe du méthanol (DMFC), présenté par Toshiba, et les chargeurs du même type, pourraient aussi contribuer à augmenter le rôle essentiel des mobiles dans les situations d'urgence. Les coupures de courant, fréquentes après des secousses telluriques, ne seraient en effet plus un problème pour les téléphones puisque ce genre de batterie se recharge comme un stylo à plume: avec une nouvelle cartouche de liquide (en l'occurence du méthanol). Pas plus épais que de nombreux modèles actuellement disponibles sur le marché (1,8 centimètre), ce genre de téléphone, co-développé avec KDDI, devrait sortir dans les commerces nippons en 2008. Des discussions sont en cours avec des acteurs du secteur européens, nous a indiqué un ingénieur de Toshiba, sans plus de précisions. Dans la même veine, signalons l'existence d'un objet qu'il serait aujourd'hui inconvenant de baptiser "gadget japonais", même s'il en a un peu l'allure. Il s'agit d'un chargeur universel de téléphone portable à manivelle bien utile en cas de catastrophe, comme peuvent en témoigner les milliers de sinistrés privés d'électricité de Niigata, préfecture du centre du Japon touchée par le séisme du 16 juillet.
De son côté NEC a exposé un appareil de diagnostic d'installations industrielles diverses, muni d'un module d'alimentation solaire, pour surveiller à distance l'état de fonctionnement d'appareils et transmettre les données via un réseau cellulaire 3G à un centre de télémaintenance.
Pour conclure sur une note optimiste, sachez aussi que l'opérateur NTT DoCoMo a profité de ce salon pour détailler ses objectifs à long terme, lesquels s'appuient d'abord sur le lancement commercial en 2010 de la "Super 3G". Il vient d'ailleurs de lancer les tests avancés de cette technologie de transmission sans fil à très haut débit avec des prototypes de stations de base (BTS) et de récepteurs mobiles qui, pour le moment, ressemblent à des réfrigérateurs !
Son objectif est d'atteindre un débit descendant (du réseau vers le mobile) de 300 mégabits par seconde (Mbit/s), soit l'équivalent de trois fois la vitesse de transmission sur liaison fixe en fibre optique (technologie FTTH). Et ce grâce notamment à l'utilisation de plusieurs antennes par récepteur et émetteur (MIMO) et à des techniques de modulation de signaux améliorées.
Rappelons que NTT est le premier opérateur au monde à avoir ouvert un réseau cellulaire commercial analogique en 1979, puis numérique (2G, norme PDC) en 1992. Sa filiale NTT DoCoMo, créée à cette époque, a ensuite essuyé les plâtres de la 3G en lançant son offre FOMA (norme W-CDMA) en octobre 2001, laquelle a déjà séduit à ce jour (juillet 2007) plus de 70% de ses 53 millions d'abonnés japonais. DoCoMo vient de passer à la 3,5G (HSDPA) et, outre la "Super 3G", planche activement sur la 4G.
On arrête là pour cette fois, non sans dire toutefois un mot d'une autre originale trouvaille humaniste de DoCoMo, un petit stylo optique à relier à un terminal cellulaire qui permet à une personne présentant des déficiences physiques ou intellectuelles de pouvoir néanmoins échanger des e-mails via un mobile. Il lui suffit pour saisir un texte de pointer l'élément souhaité dans des petits catalogues de caractères et pictogrammes colorés.
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Des retraités au musée du futur...
... pour éduquer les "Shibuya girls"
Plus technophiles que les Japonais, à part peut-être les jeunes sud-Coréens, il n'y a pas. A tout âge, les Nippons et Nippones font montre d'un appétit pour les sciences et technologies qui n'en finit pas d'étonner l'exilé(e) sur l'Archipel.
Des écoliers aux retraités, on croise en permanence sur les trottoirs, dans les métros et autres lieux publics de Tokyo des individus les yeux scotchés sur l'écran de leur sacro-saint "keitai" (téléphone portable), absorbés par la lecture de longs e-mails (les SMS ne sont pas utilisés) ou par la consultation de contenus multimédia (sites internet, TV numérique terrestre mobile, photos...).
Les boutiques de produits high-tech ne désemplissent pas, dimanches compris. On y surprend même des quinquagénaires le samedi soir à 22 heures en train de fouiner dans les rayons de jeux pour console portable DS de Nintendo, et des jeunes filles se prélassant dans les dernières versions de fauteuils de relaxation et massage truffés de capteurs et microprocesseurs .
A ces scènes ultra-fréquentes difficiles à imaginer pour qui n'a jamais posé un orteil sur l'Archipel, on finit quand même par s'habituer... Mais on n'est pas pour autant à l'abri des surprises !
Ainsi, un mardi à 10 heures du matin, au « musée du futur », Miraikan, lieu d'apologie des technologies japonaises, se trouver nez-à-nez avec deux « Shibuya girls » (minettes habillées dans le style sexy de ce quartier tokyoïte) piaffant des « sugoï », « sugoï » (génial, extra) en apprenant comment fonctionne le routage des données sur internet, eh bien croyez-le, ça fait un choc, même quand on a passé des années à étudier l'engouement technologique des autochtones !
Il faut dire que la mise en scène du mécanisme qui régit l'adressage de paquets IP sur un réseau informatique est plutôt attractive et aisée à comprendre. Des boules noires et blanches dessinant une image sur une sorte de damier sont envoyées en file vers une destination lointaine pour aller se repositionner sur un autre emplacement selon la même configuration après avoir emprunté des voies différentes. Elles parcourent ainsi des dizaines de mètres dans des tubes en passant pas des carrefours intelligents (routeurs) qui les orientent sur le chemin le plus pertinent à un instant donné, en fonction du trafic.
Forcément, devant ce spectacle fascinant, même les plus neophytes se laissent entraîner. D'autant que des préposés sont là pour expliquer individuellement de façon parfaitement claire "comment ça marche".
Ces volontaires (plus de 900 se relayant) sont d'ailleurs souvent de vrais savants passionnés, anciens ingénieurs et chercheurs issus de firmes de hautes technologies japonaises qui, à la retraite, n'ont qu'une envie: transmettre leur savoir aux générations suivantes pour que l'archipel continue de faire la course en tête dans moult secteurs de pointe.
L'oji san (grand père) qui explique à qui le souhaite le fonctionnement des diodes électroluminescentes (LED) dans leurs diverses applications (lecture/écriture de CD ou DVD, fibres optiques, rétro-éclairage de téléviseurs à cristaux liquides), est formidable.

En poursuivant la visite, prière de bien regarder où l'on met les pieds, histoire d'éviter de piétiner au passage un bambin de deux ans venu avec ses camarades de jardin d'enfants se pâmer devant le robot humanoïde Asimo d'Honda. C'est qu'il faut les habituer très jeunes les Nippons à fréquenter ces individus mécatroniques d'assistance polyglottes, car dans cinquante ans, ils devront sans nul doute vivre avec. C'est du moins ce que l'on déduit des projections de l'Etat japonais qui pousse activement le développement de ces pseudo-humains. Objectif visé: combler, entre autres, le déficit de personnes disponibles pour aider jour et nuit les plus de 65 ans qui représenteront 40% de la population nippone en 2050 et d'aider la gent humaine dans l'accomplissement de tâches dangereuses, délicates ou ingrates.
Vous ne croyez pas que les robots puissent être le salut de l'homme? Eh bien détrompez-vous, car il existe réellement des espèces robotiques qui peuvent sauver des vies: la preuve avec ces reptiles de ferraille et circuits intégrés seuls capables d'aller débusquer des êtres vivants sous les décombres après un tremblement de terre ou un typhon. Eh oui, chers lecteurs fidèles, s'agissant du Japon, il faut toujours avoir en tête ce risque permanent et fréquent de désastre, et se garder de juger de loin la société nippone ainsi que l'usage qu'elle fait des technologies (identification, géolocalisation...) sans prendre en compte systématiquement ce paramètre essentiel. C'est dit!
Reprenons
Dix mètres plus loin, un papi tourne sur lui même pour suivre du regard une maquette de train circulant sur des voies en boucle. L'homme, sans doute un de ces innombrables passionnés du rail qui peuplent le Japon, s'interroge. Comment diantre cette locomotive futuriste avance-t-elle? Fasciné par les trains, il voit bien que celui-là n'est pas comme les autres. Non, il ne roule pas sur des rails, il lévite et se meut à fond la caisse au-dessus. Il s'agit d'une réplique du "Maglev", le train à très grande vitesse à sustension électromagnétique que développent depuis plus de trois décennies les ingénieurs nippons. Un énième prototype est actuellement testé sur une ligne d'une vingtaine de kilomètres au centre du Japon. Il file déjà à 585 kilomètres par heure et la limite théorique est très très loin d'être atteinte. Les phénomènes électromagnétiques exploités pour le "Maglev" peuvent en outre avoir de nombreuses autres applications, dans le secteur de l'électronique par exemple, et notamment pour les super-calculateurs.
D'ordinateur justement il est aussi question au Miraikan. C'est d'ailleurs le coin préféré des adolescents. Là, ils peuvent plonger en toute liberté dans les mystères de la réalité virtuelle, scruter un spécimen du premier micro-processeur mondial, regretter de ne pas avoir chez eux un clavier aussi ergonomique que celui imaginé par un as nippon de l'informatique il y a vingt ans, ou s'amuser à mémoriser les kanji en ordonnant sur un tapis ces idéogrammes japonais portant chacun une étiquette à identification par radiofréquences (RFID).
Et alors ? Eh bien, rien de surprenant. Avec l'âge, ces dames se posent beaucoup de questions sur leur santé et sur la façon de maintenir leur corps et méninges en bon état. Elles sont donc venues ici se renseigner sur le fonctionnement du cerveau, l'évolution des cellules, le vieillissent des neurones, percer les mystères de la génétique, découvrir les dernières technologies d'imagerie médicale (tomographie, IRM, PET...), mesurer les prouesses de la chirurgie par micro-robots et endoscopes et se faire une idée plus précise sur les promesses des thérapies géniques.
Rassurées ou non, on les vit ensuite embarquer dans une reconstitution des cabines de la Station Spatiale Internationale. Autant vous dire que les mamies ont un peu fait la moue devant les toilettes des astronautes.
Des systèmes d'exploration de l'espace aux nanotech, toutes les technologies vantées à l'envi au Miraikan, avec un brin de chauvinisme, auprès des tout-petits jusqu'aux seniors, sont le résultat de travaux de firmes et instituts japonais et de leur armada de « geo trouve tout ».
Parfois, par chance, on croise ici d'éminents experts qui arpentent les allées, comme Reona (Leo) Esaki, lauréat en 1973 du prix Nobel de physique, un octogénaire plein d'idées et d'humour qui, en 1958, du temps où il oeuvrait chez Sony, découvrit l'effet tunnel mis en application dans les diodes qui portent son nom. Et ce dernier de nous rappeler fort opportunément que l'excellence japonaise dans de nombreux secteurs industriels est d'abord "le résultat d'une vraie politique nationale de valorisation et de vulgarisation de la science, de la recherche et des technologies à l'oeuvre depuis des décennies". CQFD.
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Les TV à écran plat nippones n'en finissent pas de s'applatir...
... et leur définition de s'affiner
A ceux qui souhaitent investir dans un téléviseur à écran plat, on ne conseillera pas d'attendre, car en la matière, c'est comme pour les ordinateurs de tous types, il y a toujours techniquement mieux à naître et, à qualité et performances technologiques stables, financièrement moins coûteux à espérer.
Il n'empêche, les dernières nouveautés présentées lors du dernier salon nippon des technologies d'affichage donnent envie de laisser passer quelques mois ou années avant de débourser plusieurs milliers de yens ou euros.
En effet, les prototypes de futures générations de téléviseurs dévoilés lors de la "FDP Expo" de Tokyo, comprenez Flat Panel Display (écran plats), mi-avril dans la capitale nippone, laissent augurer de nouvelles révolutions dans le secteur qui en a connu plus d'unes depuis quelques années.
A ceux qui n'auraient pas d'emblée pigé, rappelons que toutes les technologies d'écrans plats actuellement sur le marché sont nées au Japon de même que leurs diverses évolutions.
La nouveauté qui fit le plus parler d'elle lors de ce salon est signée du géant local, l'inventeur du tube trinitron, devenu numéro un mondial des TV LCD en 2006, celui que d'aucuns donnaient moribond, on veut bien entendu parler de .... Sony.
Ce dernier a en effet à cette occasion promis de produire en série et de lancer dans la foulée sur le marché dès cette année les premiers téléviseurs à écran plat organique électroluminescent (OEL).
Ce type d'affichage, apparu dans la fin des années 1990 puis installé sur quelques téléphones mobiles, a pour particularité d'être auto-lumineux. Très contrasté et offrant une large palette de nuances, l'OEL (ou OLED) est considéré comme une des technologies les plus prometteuses pour la prochaine génération de TV haute-définition.
Même s'il s'agira pour Sony dans un premier temps de vendre des modèles de petite diagonale (11 pouces soit 28 cm), ce n'en sera pas moins une première mondiale. D'ailleurs les écrans de 27 pouces ne tarderont pas à suivre, si l'on en croît un porte-parole du groupe. Les prototypes fonctionnels existent. Le frein est plutôt financier, puisque les coûts de production de téléviseurs OEL de 27 pouces seraient encore tels que les tarifs de vente à l'arrivée seraient exorbitants. De fait, le prix des TV OEL de 11 pouces devrait très largement dépasser dans un premier temps celui des modèles de taille équivalente à technologie à cristaux liquides (LCD), vendus en moyenne 70.000 yens (450 euros) au Japon.
"Dans l'immédiat, il est difficile de concurrencer les écrans plats actuels avec cette technologie de nouvelle génération. De fait, notre stratégie ne change pas, nous privilégions toujours le LCD parce qu'on peut fabriquer des écrans de très grandes tailles à des prix raisonnables", a insisté le porte-parole.
Les coûts élevés de production sont de facto une des raisons pour lesquelles les écrans organiques n'ont été pour le moment employés que pour un quelques rares modèles de petits appareils (téléphones mobiles, baladeurs ou autoradios). Une autre tient à la limitation de leur durée de vie.
Mais selon Sony, le 11 pouces que le groupe s'apprête à proposer "a une espérance de vie qui correspond à la durée moyenne d'utilisation constatée de ce type de produit, soit environ 7 ans". Récemment d'autres entreprises nippones ont également fait état de nouveaux progrès techniques permettant de décupler l'espérance de vie initiale de ces écrans, ce qui est de bon augure.
Bref, l'OEL est bien parti pour se frayer à moyen terme une place sur les étals et dans les foyers.















































































