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par Karyn Nishimura-Poupée, correspondante AFP Japon, avec le mangaka japonais J.P.NISHI

Pas de censure des sites internet et médias sur Fukushima (selon le gouvernement nippon)

En réponse à certains articles parus à l'étranger

Publié par K. Poupée le Vendredi 29 Juillet 2011, 14:30 dans la rubrique Politique - Lu 2152 fois - Version imprimable


Des articles parus en Occident affirment que le gouvernement japonais a adopté une loi demandant aux opérateurs de télécommunications et sites internet d'effacer les commentaires, tweets et autres contributions indésirables au sujet de l'accident nucléaire de Fukushima et de ses répercussions.
A l'AFP, inquiets, nous avons cherché et trouvé ceci:

- d'une part un appel d'offres émis par l'Agence de l'énergie auprès de prestataires pour:
1 - recenser les contributions en ligne sur Fukushima
2 - y répondre en donnant des arguments (mais sans les effacer ni demander une telle mesure)
 
- d'autre part une ligne budgétaire dans une loi de finances pour payer cette prestation confiée à une société extérieure.

Les articles parus en Occident font vraisemblablement l'amalgame entre ces divers éléments, mais vont assurément trop loin dans leur envie de dénoncer une censure. Il eut été étonnant que si une ordonnance avait été adressée aux opérateurs de télécommunications et gérants de sites (comme le prétendent des médias étrangers), les intéressés n'aient pas réagi, notamment Softbank dont le patron est opposé comme pas deux à l'énergie nucléaire et en fustige le mythe de la sécurité et des bas coûts.

Vioici ce que dit le gouvernement nippon à propos de ces rumeurs de censure des sites internet:

Le Japon dément toute censure autour de l'accident nucléaire de Fukushima
   
   TOKYO, 29 juil 2011 (AFP) - Le Japon a catégoriquement démenti vendredi des articles publiés à l'étranger l'accusant de vouloir censurer sur l'internet toute information négative à propos de la crise nucléaire de Fukushima.
   Au cours des dernières semaines, plusieurs médias et sites internet occidentaux ont affirmé que le gouvernement nippon avait fait adopter une loi prévoyant de supprimer les "mauvaises" informations circulant sur la Toile à propos du grave accident survenu à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi après le séisme et le tsunami géant du 11 mars dans le nord-est de l'archipel.
   Chikako Ogami, porte-parole de l'Agence de l'énergie, a démenti l'adoption d'une telle loi. "Notre gouvernement ne censurera jamais l'information. Ce sont des articles erronés", a-t-elle dit à l'AFP.
   Mme Ogami a expliqué que des fonds spéciaux avaient été réservés sur le budget destiné à la reconstruction des zones dévastées du Tohoku (nord-est), qui lui a bien été adopté par le Parlement. Mais cet argent est destiné, selon elle, à assurer une veille des sites internet afin que les autorités soient alertées sur toute information "inexacte" susceptible de véhiculer des rumeurs nuisibles aux habitants de la préfecture de Fukushima.
   "Nous n'avons aucunement l'intention de demander aux fournisseurs d'accès à internet ou aux gérants de sites de supprimer ce genre d'information ou de punir ses auteurs", a-t-elle tenu à souligner. "Nous allons simplement donner des explications sur notre propre site et sur notre compte twitter."
   C'est la société Asatsu DK, un important publicitaire japonais, qui, suite à un appel d'offres, a remporté le contrat de 70 millions de yens (630.000 euros) et sera ainsi chargé de cette veille internet jusqu'à fin mars 2012.
   La centrale Fukushima Daiichi a été gravement endommagée par une vague géante de 14 mètres déclenchée par un séisme de magnitude 9 survenu au fond de l'océan Pacifique le 11 mars.
   Quatre de ses six réacteurs ont commencé à chauffer dangereusement, provoquant des explosions et des rejets radioactifs dans l'atmosphère et dans la mer. Quelque 80.000 personnes ont dû être évacuées dans un rayon de 20 km autour de la centrale.
   Certains habitants de Fukushima se sont plaints de rumeurs affirmant qu'ils risquaient de contaminer d'autres personnes s'ils voyageaient en dehors de la préfecture.
   Les agriculteurs locaux sont également victimes de l'embargo imposé pour certains légumes, produits laitiers et maintenant la viande de boeuf originaires de la région. Cette mesure a jeté le soupçon sur l'ensemble des produits étiquetés en provenance de Fukushima.


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Commentaires

C'est bien qu'il n'y ait pas de sensure sur les sites internet, surtout dans ce pays où le moindre mot/phrase est controlé.
Nadège

conception site internet - 28.08.13 à 23:46 - # - Répondre -

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