En direct de Tokyo ...

par Karyn Nishimura-Poupée, correspondante AFP Japon, avec le mangaka japonais J.P.NISHI

Au Japon, on se marie dans un aéroport, on s'envoie en l'air à Hawaï...

...et on reste ensemble à cause des gosses

Publié par K. Poupée le Mercredi 26 Juillet 2006, 18:31 dans la rubrique Faits de société - Lu 8297 fois - Version imprimable



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On vous a déjà parlé ici de la vie sexuelle ambigüe des Japonaises. Comme ce sujet continue de nous valoir nombre de visites (merci messieurs), nous allons entretenir le filon en dissertant ce mercredi 26 juillet 2006 sur un thème voisin: le mariage au Japon.

Si cette tradition reste encore bien ancrée sur l'archipel, elle n'en pas moins depuis quelques années du plomb dans l'aile. La frustration sexuelle, sociale et affective des femmes nippones n'y est d'ailleurs pas étrangère, à en croire plusieurs études parues ces derniers temps. Explications.

Selon les chiffres du gouvernement quelque 714.261 unions ont été célébrées au Japon en 2005, soit 6.156 de moins qu'en 2004. C'est peu comparé aux chiffres des années 70, et particulièrement de l'année record 1972 où pas loin de 1,1 million de noces ont été enregistrées.

Inversement le nombre de divorces a, lui, tendance à augmenter: le gouvernement nippon en a dénombré 262.000 en 2005. C'est un peu moins qu'en 2004, mais comparé à l'année faste 1972, c'est plus de deux fois plus.

De surcroît, les Japonais repoussent de plus en plus tard l'âge du mariage, surtout à Tokyo et dans les autres grandes villes du pays: en 2005, les Nippones convolaient en moyenne à 28 ans et les hommes japonais à 29,8 ans.

En outre, si près de la moitié des divorces ont lieu moins de cinq ans après les noces, la proportion de séparations actées après vingt ans de vie commune est également importante. Les femmes japonaises, qui ont du mal à sortir du rôle d'épouse fidèle et de mère modèle dans lequel elles sont bien souvent encore cantonnées, finissent quand même un jour par craquer.

Mais au fait, pourquoi le mariage ne fait-il plus recette comme autrefois?

Selon une récente étude conduite par l'institut Dimmsdrive auprès des hommes de 30 à 50 ans, la réponse tombe presque sous le sens: ils ne trouvent pas chaussure à leur pied. La faute aux femmes, moins enclines à se fixer, assurément.


Pour autant les trois quarts des mâles trentenaires disent vouloir un jour se marier, estimant que si la vie en solo a des avantages (liberté temporelle et économique), la vie à deux c'est sans doute mieux, surtout quand on devient vieux. Bref, ça les rassurerait d'être accompagnés de femmes dévouées.

Ceux qui veulent une épouse justifient néanmoins d'abord cette envie par le souhait de vivre avec l'être aimé comme principale raison, et par la volonté d'avoir des enfants. Preuve que la paternité hors mariage n'est pas encore entrée dans les moeurs nippones.
Le souhait de vivre en couple est parfois si fort que nombre de Japonais célibataires affirment même être prêts à se marier sans aimer, selon la même enquête.


Pas étonnant que les choses tournent parfois court.

 

Hélas, les couples qui ont convolé par raison plus que par passion et ont procréé dans la foulée se retrouvent parfois piégés. C'est la conclusion qui s'impose à la lecture d'une autre récente étude portant cette fois sur le divorce.
On y apprend que près de la moitié des mariés japonais ont songé à casser leur union, mais que s'ils n'ont pas (ou pas encore) donné suite à cette envie, c'est dans la majorité des cas, à cause des gosses.



Ce sont les Nippones quinquagénaires et les époux sexagénaires qui éprouvent le plus l'envie de rompre, le plus souvent en raison d'une insuffisance de communication.

Outre la présence d'enfants, le deuxième motif invoqué pour prolonger l'union bancale, n'est autre qu'économique: en clair, la trouille de ne pouvoir subvenir seul à ses besoins. Viennent ensuite la hantise de faire de la peine aux parents et celle de vieillir isolé.
Quant à ceux qui ont effectivement mis fin à leur mariage, ils souhaitent néanmoins en majorité se remarier. Comprenne qui pourra.

Il faut dire que les noces au Japon ne manquent ni de piquant ni d'originalité.

Généralement on "achète" son mariage en "package" tout compris: les habits de noces, la cérémonie, les faire-parts et invitations, les cadeaux aux invités, le repas, les alliances, le voyage... .

Le tout est commercialisé par des officines spécialisées, lesquelles sont souvent des succursales de grands-magasins, ou d'hôtel.

Un mariage au Japon coûte en moyenne 3,77 millions de yens tout compris, soit la bagatelle de près de 26.000 euros.


Les noces sont souvent célébrées dans des fausses chapelles, copies de lieux catholiques logées dans les étages élevés des grands hôtels. Peu importe que les Japonais soient bouddhistes, shintoïstes ou athés, se marier dans la pure tradition chrétienne, ça fait chic.

Mais il y a plus surprenant encore.


Depuis mars 2005, il est en effet possible de convoler en justes noces à Centrair, c'est-à-dire dans le terminal du rutilant aéroport international de Nagoya (au centre du Japon), à quelques pas des portes d'embarquement, juste avant de s'envoyer en l'air, au sens propre comme au figuré.





Les voyages de noces sont un des sujets sur lesquels les jeunes couples ne mégotent pas. La destination indémodable depuis des lustres reste "Hawaï", pour sa mer bleue et toutes ses promesses de bonheur infini.

Arrive en deuxième position l'Italie: image de romantisme oblige.

Paris ne vient qu'en septième place, après l'Australie, l'île d'Okinawa ( au sud du Japon), la Grande-Bretagne, ou l'île d'Hokkaïdo (au nord de l'archipel).


Une fois passé ce moment de plaisir, immortalisé dans des albums photos qui a eux seuls constituent un marché lucratif, advienne que pourra.

Morale de l'histoire: messieurs, si vous souhaitez vous accoupler officiellement avec une Japonaise, visez une fille de plus de trente ans, déjà divorcée, célébrez vos noces à l'aéroport de Nagoya, embarquez illico pour Hawaï, parlez-lui souvent, baisez une fois par semaine et faites lui des enfants, c'est le plus sûr moyen pour éviter qu'elle ne demande le divorce.


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Commentaires

J'adore ta conclusion! lol a croire que tu es celibataire a Tokyo? bon je te fais pas d'avance, mais sache qu'il y a pleins de francais qui se fichent des japonaises (car ils les les connaissent bien) et qui ne sont pas forcement la pour cela...on organise un bizz de rencontre? lol

dernier exile - 06.08.06 à 17:09 - # - Répondre -

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anonyme - 23.08.06 à 00:29 - # - Répondre -

juste mon commentaire

ca fait peur ...

lowak - 17.11.07 à 23:35 - # - Répondre -

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