En direct de Tokyo ...

par Karyn Nishimura-Poupée, correspondante AFP Japon, avec le mangaka japonais J.P.NISHI

Japon: la sécurité n'est plus ce qu'elle était...

... mais la biométrie redonne espoir

Publié par K. Poupée le Jeudi 24 Août 2006, 18:46 dans la rubrique Faits de société - Lu 5406 fois - Version imprimable



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"Ahhhhh nihon ha ii kuni da naaaaa!" (Ah, le japon, quel agréable pays!!) s'exclamait il ya quelques décennies l'un des membres du trio Yellow Magic Orchestra (YMO pour les intimes) du compositeur Ryuichi Sakamoto.



Las, aux dires des autochtones, cette expression n'est plus de mise aujourd'hui, même si (naïve??) l'auteur de ce blog continue de penser que le Japon est assurément l'un des pays où il fait vraiment bon vivre, dans un cadre paisible et sûr en dépit d'une nature déchaînée (typhons, séismes, tsunami, orages, glissements de terrains, monceaux de neige et avalanches en cascade...).

Mais non rétorquent les Nippons, ma brave dame, vous vous méprenez, la sécurité ici n'est plus ce qu'elle était. Diantre!



Du coup, voilà nos Japonais désemparés qui se prennent de passion pour les systèmes de sécurité afin de protéger leur corps et leurs biens virtuels ou réels autant sinon plus vis-à-vis d'autrui que face à la cruelle et impitoyable nature.




Résultat: même si le nombre des délits constatés sur l'Archipel reste dans des proportions très nettement inférieures à celles relevées dans les autres pays développés, le Japon connaît un boom déconcertant du marché de la sécurité, notamment pour lutter contre les tentatives de fraudes, protéger les accès et endiguer les effets pervers liés à la concentration de données nominatives dans des fichiers comme à la multiplication des transactions sur réseaux.





Dans la panoplie des techniques les plus prisées pour lutter contre le mal, figure en bonne place la biométrie, devant les codes ou mots de passe jugés totalement désuets.



De fait, face aux falsifications de cartes bancaires, aux vols de données numériques et intrusions dans les serveurs (à la faveur de l'étendue mondiale des réseaux), les institutions bancaires et autres sociétés japonaises ont de plus en plus recours à ces systèmes d'authentification reposant sur les caractéristiques discriminantes humaines.
Et ce sans que le public ne crie aux loups, bien au contraire.




Les méga-banques nippones sont ainsi fières de mettre à la disposition de leurs "chers clients" des nouveaux distributeurs de billets équipés d'un système d'authentification biométrique "ultra-sûr".

Deux systèmes concurrents de ce type ont ainsi actuellement le vent en poupe: la reconnaissance du réseau vasculaire de la paume de la main conçu par Fujitsu, et de celui d'un doigt signé Hitachi.



Par exemple, lors d'une transaction (retrait, virement, dépôt d'argent, consultation de solde) effectuée depuis un automate, le client doit s'authentifier en saisissant son code et en approchant la main ou le doigt d'un lecteur lié au distributeur qui scanne, sans contact, son réseau vasculaire.



La puce de la carte bancaire effectue la comparaison entre les données obtenues à cet instant et celles qui y ont été pré-enregistrées avant d'autoriser ou non l'opération.

Les données biométriques ne sont pas stockées par la banque, mais uniquement sur la puce.
Le schéma du réseau vasculaire de la main ou du doigt est propre à chaque individu et invariable au cours du temps", argue-t-on chez Fujitsu et Hitachi.



"Les veines étant à l'intérieur du corps, il est en outre impossible de simuler une identité", ajoute ces mêmes industriels nippons qui ont entrepris cette année de conquérir des clients à l'étranger avec ces systèmes jugés plus fiables que les empreintes digitales, plus économiques en termes de maintenance, moins vulnérables face aux variations de température et plus hygiéniques car sans contact.



"Comme il suffit de placer sa main ou son doigt au-dessus du lecteur, sans contact direct, le système est mieux accepté par le public", explique un ingénieur.



Loin de faire hurler les clients, cette solution (qui consiste à simplement éclairer la main ou le doigt avec des diodes pour faire apparaître l'image des veines avant de la capter et d'en extraire le schéma pour l'analyser selon des algorithmes ultra-sophistiqués), est au contraire plébiscitée.



Du coup, toutes les banques s'y mettent. Elles prévoient même de rendre progressivement interopérables leurs distributeurs respectifs pour améliorer la commodité du système et séduire davantage les clients.



Ces mêmes techniques sont aussi proposées aux entreprises pour sécuriser l'accès à leurs réseaux. Elles visent également un usage personnel (remplacement du code sur un téléphone portable ou du mot de passe pour un PC). Progrès techniques aidant, le système d'Hitachi peut en effet atteindre un niveau de miniaturisation qui lui permet potentiellement d'être intégré dans un mobile.




Une autre technologie biométrique sans contact suscite un certain intérêt au Japon : la reconnaissance de l'iris de l'oeil, dont l'image est prise par une caméra pour être analysée et comparée à une photo pré-enregistrée.





Panasonic est un des industriels qui pousse cette technologie au Japon.



Les promoteurs immobiliers sont parmi les plus intéressés (autant par les techniques vasculaires que par celles basées sur l'iris), faisant également depuis quelques temps de la sécurité un argument de vente.



Pour séduire les familles ayant des enfants en bas-âge, les femmes vivant seules ou les personnes âgées, ils mettent en avant ces solutions de contrôle d'accès jugées infalsifiables. Et manifestement, les locataires ne sont pas mécontents.



Pour preuve ce petit clin d'oeil de conclusion qui nous vient tout droit d'une quinquagénaire nippone ravie d'habiter un immeuble sécurisé par un système basé sur la reconnaissance de l'iris:
"c'est hygiénique et particulièrement pratique quand on rentre chez soi les bras chargés de sacs",

De l'art nippon de voir d'abord le bon côté des choses.


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Commentaires

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anonyme - 25.08.06 à 20:51 - # - Répondre -

Hum hum

Si je coupe la main de mon riche voisin, ou que je récupère le doigt coupé d'un ami, je peux subtiliser une partie de sa fortune. Ce système est super !

Denys - 04.09.06 à 03:27 - # - Répondre -

Re: Hum hum


Bah, en europe aussi, il me suffit de couper un doigt à mon riche voisin pour qu'il me file son code bancaire, hein...

QCTX - 12.09.06 à 22:10 - # - Répondre -

Bien répondue ^o^

 

Joss - 04.07.07 à 12:41 - # - Répondre -

Vivant ?

Généralement ce genre de technologie est en mesure de détecter si la main est vivante ou non. Du coup, pas beaucoup d'utilisation pour une main coupée.

Zefling - 10.06.07 à 21:59 - # - Répondre -

Re: Vivant ?

Disponible en France et maintenant autorisé  CNIL version USB et lecteurs contrôle d'accès.

Voir sur le site www.scan-r.eu

scan-r - 26.11.07 à 22:24 - # - Répondre -

Re:

Quand même, ça insite à la violence physique...suffit de trainer quelqu'un jusqu'à la banque lui mettre la main sur la plaque et c'est fait. C'est plus pacifique les fraudes a mon avis ^

anonime - 20.01.09 à 19:13 - # - Répondre -

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