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par Karyn Nishimura-Poupée, correspondante AFP Japon, avec le mangaka japonais J.P.NISHI

Yen cher: cela vous concerne aussi...

Chronique hebdomadaire "Live Japon" sur Clubic.com, avec le mangaka Nishi

Publié par K. Poupée le Dimanche 7 Novembre 2010, 00:20 dans la rubrique économie - Lu 1371 fois - Version imprimable



Si vous prévoyez des vacances au Japon, faites des économies, car l'accès de fièvre actuel de la monnaie nippone (yen) renchérit le coût des séjours dans l'archipel. Parallèlement, même si les voyages en France ou aux Etats-Unis sont meilleurs marché pour les Japonais, encore faut-il pour qu'ils osent sortir des frontières de l'archipel qu'ils aient des revenus assurés. Or, comme le montre notre mangaka japonais surnommé Jean-Paul Nishi, pour les salariés au Japon, la perte de compétitivité de leur entreprise et les risques de délocalisation pourraient bien leur coûter leur place. Il ne leur restera plus alors qu'à faire des économies en achetant des produits importés au rabais, puisque rendus moins chers par la faiblesse des monnaies étrangères, et ce quitte à étrangler plus encore les producteurs locaux de gâteries et autres marchandises. Spirale infernale.

Pour l'heure, ne nous y trompons pas, si, en dépit du yen cher, Sony, Panasonic et consorts affichent des bénéfices, c'est grâce notamment à la clientèle de pays émergents (Chine, Inde, etc.) et en minimisant la production et l'approvisionnement au Japon afin de réduire leurs dépenses.

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Endaka, endaka, endaka. Ce terme, qui signifie « hausse du yen » barre depuis des semaines la une des journaux japonais, alimente tous les débats, donne des migraines au ministre des Finances et des insomnies au gouverneur de la banque centrale nippone. Quant aux dirigeants des grosses entreprises exportatrices japonaises, ils sont forcés de se remuer chaque jour un peu plus les méninges pour trouver où et comment faire des économies. Entre l'an passé et cette année, le yen s'est élevé dans des proportions considérables face au dollar et à l'euro, ce qui constitue en théorie un énorme handicap pour vendre au-delà des frontières de l'archipel des produits fabriqués sur place ou pour rivaliser avec les bas prix des denrées importées. La devise nippone évolue depuis août à son niveau le plus élevé en quinze ans face à la monnaie américaine. Un billet vert qui coûtait 92,5 yens en août 2009, ne valait plus que 85,5 yens le même mois de cette année, et 81 yens ce vendredi. Un euro donnait droit à 135,5 yens en août 2009, aujourd'hui il vaut 20 yens de moins. Bilan, les ventes des produits japonais à l'étranger rapportent moins et ce qui est produit au Japon coûte plus cher à l'extérieur.

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