En direct de Tokyo ...

par Karyn Nishimura-Poupée, correspondante AFP Japon, avec le mangaka japonais J.P.NISHI

Interview de Kazuto Tatsuta, mangaka-ouvrier de Fukushima Daiichi

la vie des travailleurs de la centrale en manga

Publié par K. Poupée le Samedi 12 Avril 2014, 23:48 dans la rubrique Faits de société

Il porte un nom d'emprunt, cache presque son visage, mais ses dessins, eux, sont très visibles et remarqués: Kazuto Tatsuta est l'auteur de "ichi-efu", un manga sur la centrale accidentée de Fukushima où il a passé six mois.

"Je voudrais juste laisser un témoignage", dit modestement ce mangaka, tout en ne lâchant pas le fin pinceau avec lequel il passe en couleur une de ses planches, dessinée sur du "washi", le papier japonais.

"Après l'université, j'ai fait des tas de boulots, dont dessinateur", raconte-t-il dans son petit atelier/appartement, en banlieue de Tokyo. 

"Le travail de mangaka ne me nourrissait pas, donc je faisais d'autres choses à côté. Finalement, juste avant le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, je ne dessinais quasiment plus, j'étais devenu un banal employé". 

"Après l'accident de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, j'ai eu envie d'agir. J'ai quitté ma société, je me suis adressé à l'agence publique de recherche d'emploi, et j'ai été engagé pour travailler à +ichi-efu+" (le surnom du complexe atomique, que l'on prononce "Itchi F" en japonais).

"Je n'y suis pas allé dans le but d'en faire un manga, mais comme il y avait sur place de la matière intéressante, je me suis dis, pourquoi pas, ça vaut le coup de laisser une trace de ce qu'il s'est passé à l'intérieur. J'ai pensé que cela pouvait avoir une valeur. Pour autant, je ne le fais pas non plus avec l'état d'esprit que pourrait avoir un journaliste. En fait, je veux surtout raconter qui et comment sont les gars à l'intérieur". 

"Je ne suis pas satisfait des informations dans la presse, qui sont trop souvent subjectives", s'excuse-t-il presque.

"Comme je le montre dans le manga, les travailleurs de Fukushima sont des gens tout à fait normaux et ordinaires, qui rient beaucoup et blaguent sans arrêt. Ce n'est pas l'enfer permanent, même si le travail est dur. Et les travaux à l'intérieur avancent, contrairement à ce qu'on peut lire ici et là".
 

 - 'Même mes parents ne savaient pas' -

"J'ai passé six mois en 2012 à ichi-efu et n'ai commencé à dessiner qu'ensuite". 

Contrairement à de nombreux mangaka, Tatsuta travaille seul, sans assistant, et tout à la main: l'esquisse au crayon à papier puis l'encrage au pinceau. "Je n'utilise pas du tout de plume ni d'ordinateur", assure-t-il.

"Je dessine sur la base de mes souvenirs, de ce que j'ai vu. J'utilise aussi des photos officielles que la compagnie Tepco fournit à la presse. J'en prends parfois quelques unes dans les salles de repos par exemple".

Le premier épisode, de 37 pages, a été honoré d'un prix de nouvel auteur par Morning, un illustre hebdomadaire de mangas de la maison d'édition Kodansha, qui a vite décidé de ne pas en rester là. 

"Ichi-efu" est désormais publié en feuilleton de 24 pages à un rythme à peu près mensuel. Le premier recueil compilant les premiers épisodes sortira fin avril au Japon. "Je suis heureux, c'est assez fou", sourit Tatsuta.

"Ce premier tome n'est pas encore disponible, mais les commandes affluent des librairies, à un rythme dix fois plus élevé que d'habitude pour un premier manga d'un auteur peu connu", explique Kenichiro Shinohara, de la rédaction de Morning.

Et de préciser: "parce que le sujet est Fukushima, le public dépasse celui des traditionnels lecteurs de mangas. C'est un document qui s'appuie sur une expérience rare qui n'est pas accessible à tout un chacun". 

Même l'ex-Premier ministre de droite Junichiro Koizumi, devenu un virulent antinucléaire depuis l'accident de Fukushima, est un lecteur assidu de "ichi-efu", selon M. Shinohara.

Tatsuta dit avoir accumulé de quoi aller jusqu'au deuxième tome. Mais pour pouvoir poursuivre plus loin la série, il n'y a qu'une solution: retourner travailler à la centrale. "Je le veux", confie-t-il.

"Je ne pense pas que les responsables de Tepco m'aient identifié, j'ai travaillé sous mon vrai nom, mais s'ils veulent vraiment savoir qui est Tatsuta l'auteur de +ichi-efu+, ils n'auront peut-être pas tant de mal à trouver".

"Les gars qui étaient à +ichi-efu+ avec moi en 2012, eux ont deviné", même si je n'ai jamais rien esquissé devant eux.

"Jusqu'à ce que je publie, même mes parents ne savaient pas que j'étais allé à la centrale de Fukushima, ils auraient eu trop peur".

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Des robots et des homes robotisés

Chronique Live Japon, illustrée par le mangaka J.P. Nishi

Publié par K. Poupée le Lundi 11 Novembre 2013, 08:47 dans la rubrique Technologies
Le Japon et les robots. C'est une longue histoire qui durera longtemps encore. Parce qu'il est le premier pays fabricant et utilisateur de robots, l'archipel se considère comme l'Empire de la robotique. Et si, comme d'aucuns ne manqueront sûrement pas de le rappeler, il n'avait pas d'automates à envoyer à la centrale ravagée de Fukushima, ce n'est pas parce qu'il manque de technologies, mais parce que, plus grave, il avait stoppé la conception d'engins pour les sites nucléaires, jugeant pour ainsi dire impossible un accident du calibre de Tchernobyl sur son sol.

C'était une erreur, c'est certain. Ce point étant clarifié, il n'en reste pas moins que les fabricants nippons de robots, industriels essentiellement, continuent de nous étonner avec des créatures de plus en plus rapides, intelligentes et précises. Et puis, davantage encore que pour les robots androïdes dont on parle beaucoup mais que l'on voit peu, les Japonais utilisent de plus en plus ces technologies robotiques afin de développer des exosquelettes et appareils pour accompagner les hommes dans la vie quotidienne, notamment pour soutenir les personnes âgées.

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La suite sur Clubic.com : Live Japon : des robots et des hommes robotisés http://www.clubic.com/humour-informatique-geek/live-japon/actualite-600010-live-japon-robots.html#ixzz2kIDaKYHX
Informatique et high tech

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La voiture autonome

Chronique hebdomadaire Live Japon illustrée par le mangaka J.P. Nishi

Publié par K. Poupée le Dimanche 6 Octobre 2013, 00:10 dans la rubrique Technologies

Après la voiture automatique, celle dont les vitesses se passent toutes seules, puis la voiture électrique qui se passe d'essence, voici l'ère de la voiture électro-autonome, celle qui n'a ni besoin de carburant, ni de conducteur. Ce véhicule, dont Clubic vous a déjà présenté quelques caractéristiques cette semaine, était une des vedettes du salon Ceatec de Tokyo, mais c'est surtout un vieux rêve de techniciens japonais qui pourrait se concrétiser tout prochainement.

Les piétons sont même presque impatients d'en croiser.

 

manga live japon voiture autonome



« La voiture autonome est surtout pensée comme un soutien au conducteur », explique le chercheur en chef de ce projet chez Nissan, Hideaki Inoue, un vétéran du secteur
« Nous avons développé cette voiture ces trois dernières années, mais cela fait 30 ans que nous menons des recherches sur les véhicules autonomes, autant dire pour moi depuis toujours », raconte ce spécialiste qui se montre somme toute plutôt modeste dans ses ambitions puisque son but n'est, dit-il, pas de rendre la voiture totalement autonome.


La suite sur Clubic.com : Live Japon : La voiture autonome http://www.clubic.com/humour-informatique-geek/live-japon/actualite-590266-live-japon-voiture-autonome.html#ixzz2grO8KPX8
Informatique et high tech

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Au patrimoine technologique japonais en 2013

Publié par K. Poupée le Mardi 1 Octobre 2013, 10:51 dans la rubrique Technologies
Comme chaque année, un lot d'appareils ont rejoint cette année le registre du patrimoine technologique japonais, un sacre auto-proclamé patriotique qui mérite néanmoins une mention à l'étranger.

Parmi les objets enregistrés, J.P. Nishi a fait son choix, en n'hésitant pas à puiser dans les années précédentes (le premier Walkman de Sony est entré dans cette liste de moins de 150 objets en 2012).

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Cette année, 22 objets (du numéro 114 au numéro 135) ont été sélectionnés par les scientifiques japonais comme éléments majeurs de l'histoire technique et industrielle du Japon. Nous en avons retenu quelques uns qui sont directement liés aux technologies abordées sur Clubic et sont souvent les précurseurs des produits régulièrement présentés sur ce site.


La suite sur Clubic.com : Live Japon : au patrimoine technologique japonais en 2013 http://www.clubic.com/humour-informatique-geek/live-japon/actualite-588402-live-japon-patrimoine-technologique-japonais-2013.htm

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L'affaire des dessins de Fukushima par Cabu dans le Canard Enchaîné

vue par le mangaka J.P. NISHI

Publié par K. Poupée le Mardi 17 Septembre 2013, 13:07 dans la rubrique Consommation

Tokyo a remporté la semaine dernière l'organisation des jeux Olympiques de 2020, une occasion pour l'archipel de s'afficher sur la scène internationale. En attendant, cette victoire a pourtant coûté aux Nippons une volée de critiques sur la façon dont le Premier ministre Shinzo Abe a présenté au Comité international olympique (CIO) la situation à la centrale accidentée de Fukushima. 
Un dessin de Cabu dans le Canard Enchaîné a... déchaîné le gouvernement japonais, mis en colère des internautes et donné un os à ronger à la presse. J.P. Nishi résume l'embrouille :

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Lire aussi l'article d'analyse écrit pour l'Agence France-Presse le 13 septembre 2013: http://tokyo.viabloga.com/news/pourquoi-au-japon-on-ne-rit-pas-des-effets-de-fukushima

 

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Pourquoi au Japon on ne rit pas des effets de Fukushima

Publié par K. Poupée le Lundi 16 Septembre 2013, 13:23 dans la rubrique International

(AFP 13 septembre 2013 - Karyn Poupée)

Insultes d'internautes, stupeur de la presse, protestation du gouvernement: des Japonais ont été outrés par des dessins parus dans Le Canard Enchaîné sur les effets de l'accident atomique de Fukushima, un motif de discrimination sur lequel beaucoup ne plaisantent pas.

"A mort ! C'est de la merde !", "c'est de la discrimination, du graffiti du plus bas niveau humain qu'il soit", "la France, un pays détestable de dernier rang", "si c'est le mode d'expression habituel en France, c'est déplorable": les phrases haineuses ont fusé sur internet lorsque des Nippons ont découvert dans leurs journaux deux caricatures publiées cette semaine dans Le Canard Enchaîné.

"Les Japonais ne comprennent pas la liberté d'expression. Ici, les propos injurieux sont possibles, pas la satire à l'occidentale", tranche un Japonais francophile, Ken Itagaki de Nagasaki.

"Encore les médias français!", a pour sa part titré le journal populaire de centre gauche Mainichi Shimbun au-dessus des deux caricatures incriminées, faisant référence à un incident du même acabit survenu il y a un an lorsque l'animateur de télévision Laurent Ruquier avait parlé de "l'effet Fukushima" en montrant un photo-montage du gardien de but de l'équipe japonaise de football, Eiji Kawashima, avec quatre bras.

Cette fois, le dessin qui a le plus indigné est signé Cabu. Accompagnant un article très factuel sur les problèmes d'eau radioactive à la centrale ravagée, il montre deux lutteurs émaciés coiffés d'un chignon, dont un avec trois jambes et l'autre trois bras, et un commentateur sportif disant: "Marvellous, grâce à Fukushima, le sumo est devenu discipline olympique".

"Ce genre de caricatures blesse les sinistrés de la catastrophe du 11 mars 2011 et véhicule des informations fausses sur le problème de l'eau radioactive à la centrale Fukushima Daiichi. C'est extrêmement regrettable", a réagi le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d'un point de presse, avant d'ordonner à l'Ambassade du Japon à Paris protester officiellement auprès du Canard.

"Au Japon, cette image est prise pour de la discrimination à l'égard des personnes qui ont subi les radiations et qui sont sur le dessin présentées comme étant différentes des autres, avec trois bras ou trois jambes", explique un dessinateur nippon de manga. "Or, il faut savoir que des gens de Fukushima subissent déjà une forme de ségrégation au Japon."

"Si, au lieu de sumotori déformés, il s'était agi d'un dessin caricaturant le Premier ministre ou le porte-parole du gouvernement, cela n'aurait posé aucun problème", ajoute-t-il.

Qui plus est, le sujet des effets de la radioactité est d'autant plus sensible qu'il touche aussi les victimes des bombes atomiques américaines larguées sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945.

Sans compter que "la plupart des Japonais ignorent quel type de publication est Le Canard Enchaîné", souligne Kazuya Onaka, professeur des études françaises et européennes à l'Université Hosei.

"Il n'y a pas dans le paysage médiatique japonais ce type de journal qui accorde une place aussi importante à la caricature", justifie-t-il.

"Le problème, c'est que les journaux nippons n'ont pas traduit l'article et se sont contentés de publier le dessin sans les éléments de contexte indispensables à sa compréhension, tandis que le gouvernement essaie d'effacer tout ce qui est négatif au sujet de Fukushima ou des JO. Du coup, il a surréagi."

L'hedomadaire français, lui, "assume ces dessins sans le moindre état d'âme", selon une déclaration à l'AFP de Louis-Marie Horeau, son rédacteur en chef.

"En France, on peut traiter une tragédie par l'humour, apparemment, ce n'est pas le cas au Japon", a-t-il déploré.

Et de renvoyer la responsabilité aux autorités nippones: "s'il y a matière à s'indigner, c'est de la manière dont a été gérée la crise par le gouvernement japonais".

"La France et le Japon doivent comprendre mutuellement le fossé culturel qui les sépare", conclu un anonyme sur son blog.

Voir aussi à ce sujet  le manga de J.P. NISHI: http://tokyo.viabloga.com/news/l-affaire-des-dessins-de-fukushima-par-cabu-dans-le-canard-enchaine

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Publié par K. Poupée le Lundi 16 Septembre 2013, 13:17 dans la rubrique Consommation

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"Au-delà du nuage", témoignages bruts sur le drame du 11 mars 2011 au Japon

article AFP

Publié par K. Poupée le Mercredi 11 Septembre 2013, 18:39 dans la rubrique International

"Le noir et blanc s'est imposé immédiatement quand je suis allée dans les zones dévastées. Le gris dominait, en fait il n'y avait pas de couleurs", raconte Keiko Courdy, auteur d'un web-documentaire titré "Au-delà du nuage" sur le tsunami et la catastrophe atomique du 11 mars 2011 au Japon.

Ce jour-là, le pire vécu par les Japonais depuis la Deuxième guerre mondiale, cette artiste française était en France: mais elle ne put s'empêcher de revenir dans sa deuxième patrie meurtrie où elle a longtemps vécu.

"C'était une sorte de nécessité d'être là-bas et d'agir. Je savais que je voulais faire quelque chose, je ne savais pas comment. J'ai pris ma caméra, j'ai loué une voiture et longé la côte, de Morioka à Rikuzentakata", raconte-t-elle à l'AFP.

De ce périple, émaillé de rencontres avec des habitants de la région saccagée, des artistes, des personnalités politiques, des écrivains, des journalistes, elle a tiré une vingtaine d'entretiens exclusifs, matière première d'un web-documentaire réalisé avec Jérôme Sullerot, et d'un film de plus d'une heure et demie, intitulés "Au-delà du nuage". (http://www.yonaoshi311.com/#/FR/home).

"Le web-documentaire donne la liberté à celui qui le regarde de découvrir un univers de façon libre et interactive. Pour l'auteur, c'est un moyen de faire un travail de fond, beaucoup plus que dans le film, certes poignant, mais où il y a moins d'espaces d'expression", explique l'auteur.

Malgré l'absence de couleurs dans un paysage rasé par la déferlante qui s'est abattue sur plus de 500 kilomètres de littoral, le résultat est nuancé.

"Je n'ai pas voulu faire un film tout noir ou tout blanc, car la situation est extrêmement complexe: on ne sait pas où est la vérité, où est le mensonge", insiste-t-elle.

Cette difficulté à apprécier le danger de la radioactivité, de la nature, est tout entière contenue dans le témoignage émouvant de Risa Yamada, une lycéenne de 17 ans, qui vit à Minami-Soma, à une vingtaine de kilomètres du complexe atomique Fukushima Daiichi.

"Les gens parlent de la peur, de l'impossibilité de vivre ici. Ils disent que ce n'est pas un endroit à habiter, on entend cela partout. Mais on est bien vivant. C'est une réalité et cela ne va pas changer. On ne sait pas quels seront ensuite les dommages pour la santé, mais aujourd'hui on veut juste que les gens n'oublient pas que l'on vit ici", dit-elle, toujours souriante.

"Oui, c'est choquant de voir des Japonaises dire qu'elles ne sont pas contre l'énergie nucléaire alors que leurs champs ne sont pas cultivables", confirme Keiko Courdy, "mais j'ai voulu livrer bruts ces témoignages".

"Les Japonais sont des gens que l'on ne comprend pas d'emblée, on a l'impression qu'ils ne se rendent pas compte, mais c'est la réalité, c'est leur façon de penser et de vivre et c'est ainsi que j'ai souhaité la montrer parce qu'on ne peut pas la nier".

"Aujourd'hui, la réalité nous dit qu'il faut arrêter les centrales nucléaires, mais la question est de savoir comment faire. Chacun, personnellement, doit y réfléchir", dit Jiro Taniguchi "déprimé par son impuissance" et l'inutilité ressentie de son métier de dessinateurs de manga.

"Beaucoup de gens réfléchissent, sont actifs, réagissent, même s'ils ne sont pas dans les manifestations", souligne Keiko Kourdy qui a aussi suivi dans les cortèges à Tokyo des militants antinucléaires de longue date, tel le journaliste Satoshi Kamata.

"Les centrales nucléaires sont dangereuses, j'aurais dû crier plus fort, être plus actif, je m'en veux", répète-t-il.

"Le 11 mars a été le déclencheur principal qui m'a fait envisager le dénucléarisation, quand on m'a présenté le scénario du pire, avec l'évacuation générale jusqu'à la région de Tokyo", confie encore Naoto Kan, ex-Premier ministre en fonction au moment du drame.

Au-delà de l'accident nucléaire, "n'oublions pas les victimes du tsunami", insiste aussi Keiko Courdy.

"Plus une seule personne ne veut vivre ici", avoue devant les ruines de sa maison d'enfance le photographe Naoya Hatakeyama, originaire de la côte de Rikuzentakata, rasée, une autre réalité difficile à appréhender.

"J'aurais voulu avoir une bonne idée pour mieux montrer l'ampleur de la dévastation", s'excuse presque Keiko Courdy.

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